Retour de Dadis Camara : les Guinéens sont ils vraiment sérieux ?

Le Capitaine Moussa Dadis Camara, l’ex Chef d’état Guinéen depuis son exil au Burkina Faso puis récemment au Ghana, est convaincu de son retour et de la possibilité de continuer à jouer un rôle sur le devant de la scène politique guinéenne.

Ayant renoncé au pouvoir en janvier 2010 suite à des problèmes de santé ( blessé par balle par son propre Aide de camp Toumba), il était en tant que Président de la République “auto proclamé” responsable du fameux massacre (157 morts) du 28 Septembre 2009.

Pour qui ne se souvient pas de Dadis Camara, c’était ce Capitaine opportuniste qui a profité de la confusion liée au décès de feu Lansana Conté, Président de la République d’alors, pour s’accaparer du pouvoir de force avec sa junte en Décembre 2008.

Dadis Camara, une caricature et un massacre comme profil

De son intermède présidentiel, on retiendra ce massacre du 28 septembre 2009, d’ailleurs toujours en attente de décision judiciaire. Dans la forme, son exercice du pouvoir pitoyable proche de la caricature.
Il fut rendu célèbre par sa série « le Dadis Show” sur YouTube qui reprenait ses prises de paroles ou de scènes publiques. Plus doué dans un rôle de comédien à faire pâlir Gohou.

Que Mr Dadis pense qu’il est un messie attendu et qu’il puisse orchestrer un retour au premier plan à Conakry, n’est pas une surprise en soi. Par contre, que la classe politique Guinéenne depuis le sommet de l’Etat, voire la société civile puisse cautionner les conditions d’un retour est tout simplement incompréhensible. Cela même pour des calculs politiciens à des fins électorales.

Un retour cautionné par la classe politique guinéenne

Il faut dire que Dadis Camara est bien aidé par les deux principaux leaders politiques du pays.

A commencer par le premier d’entre eux, le Président Alpha Condé et son camp. Comment expliquer que ce dernier ait pu tenter dans un premier temps de nouer une alliance politique et de faciliter son retour en Guinée…avant de se rétracter selon Dadis Camara lui-même.

Comment expliquer aussi cette décision incroyable de faire détourner et ne pas autoriser l’atterrissage de l’avion qui menait Dadis Camara en Guinée ? Alors que celui-ci fait l’objet d’une mise en examen par la justice guinéenne.

Comment expliquer l’alliance politique entre ce même Dadis Camara et Celloun Diallo, le principal opposant politique pour la présidentielle ?

Dadis Camara, aurait-il toujours une influence au sein de l’armée voire même au sein de la classe politique Guinéenne ? Si tel était le cas, cinq ans après son départ, des questions peuvent être posées.

L’Afrique entière, le monde, a vu un “guignol de Conakry” ne respectant même pas les règles élémentaires d’une constitution pour diriger un pays. Comment les Guinéens eux même perçoivent le Capitaine ?

La Guinée qui depuis toujours est l’un des pays doté des ressources naturelles et minières les plus riches d’Afrique continue à enliser sa population dans une pauvreté extrême pour des intérêts personnels d’une minorité et surtout pour le grand bonheur des exploitants étrangers venus investir.

La présidence d’un pays n’est pas un jouet

De grâce, la présidence d’un pays n’est pas un jouet, même si dans certains de nos pays l’ambition d’accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat est l’un des seuls moyens de s’enrichir et d’exercer un pouvoir sur les autres. Nous avons vu des candidats des plus fantaisistes au nom de la liberté de se présenter qu’accorde la constitution.

Pour éviter de nouveaux “Dadis”, un critère de sélection devrait être ajouté pour se présenter aux commandes d’un poste à responsabilité : l’aptitude à pouvoir diriger et un minimum de compétences requises.

Pour l’histoire, nous préférons que Dadis Camara reste un éphémère capitaine ayant un jour dirigé un pays africain.

A cette farce Guinéenne, la justice devrait mettre un terme pour de bon.

N’est pas Sankara qui veut mon Capitaine !

A bon entendeur,

Baba Dème
@babademefr