Le Mali dans le collimateur du harcèlement médiatique et politique.

 

Le Mali dans le collimateur du harcèlement médiatique et politique, de l’information à la banalisation des souffrances de la population civile. S’il y a bien un pays de l’Afrique francophone qui suscite plus d’intérêt en termes de création d’information, c’est bien le Mali. Malheureusement, les réalités de ce pays sont vues de façon déformée, transformée et je dirais même détournée depuis l’arrivée de la junte au pouvoir en Août 2020.

De 2 à 4 personnes meurent en moyenne par jour à cause de l’insécurité au Mali depuis le début des conflits dans les années 90, plus de 10 000  personnes tuées dont 33% sont des civils , des villages entièrement rasés. Une triste réalité qui a du mal à rentrer dans la conscience médiatique dominée par les évènements politiques souvent réduits à une question de personne, Assimi Goïta, Emmanuel Macron, Alassane Ouattara j’en passe. Comment peut-on expliquer ce pervertissement médiatique et politique à face  un danger qui ne dit pas son nom ?

Conflit malien statistiques
CRISIS-MALI : dataviz de la situation d’insécurité au Mali par l’équipe RPMEDIAS.

MALI-CRISIS : en savoirs plus sur les statistiques de la situation d’insécurité au Mali.

A l’heure du buzz, la raison a peu de place, chacun veut avoir le dernier mot, veut être la cause de l’échec ou de la réussite d’un évènement, d’une action. Le Mali est bien victime de cette course infernale aujourd’hui et il faut noter qu’une partie de ses citoyens y contribue activement. Les leaders d’opinion, les médias maliens et la presse se sont, en grande partie alignés sur la marche des médias mainstream qui sont parfois éloignés de la réalité du pays. Aujourd’hui, difficile pour nous de connaitre la profondeur du mal de ces pauvres populations touchées dans leurs âmes. Si ce n’est pas les soldats de la propagande qui nous vendent des rêves , ce sont ces experts avec des techniques sadiques destinées à briser psychologiquement et politiquement les citoyens maliens. « Où va-t-on se laver, ou va-t-on se sécher ? ». En tout cas de Ménaka à Sona les populations se sentent abandonnés en plein vol comme dira le Premier ministre Choguel Maïga.

On ne peut fêter la victoire avant de gagner la guerre. Les ennemis profitent de cet aveuglement massifs pour développement leur stratégie d’occupation territoriale. Les mêmes scénarios de 2015 se reproduisent encore aujourd’hui. En 2015 le Mali et ses partenaires ont consacré leurs efforts  à la dimension politique du conflit ayant donné la voie grandement ouverte aux terroristes pour occuper les zones du centre. Entre fin 2021 et début 2022 nous sommes revenus à la même situation, les terroristes ont gagné plus de terrains qu’avant. Les évènements de Farabougou, de Sogolo, de Dogofry et récemment ceux de Kati sont des faits révélateurs de cette incapacité d’ordre général à regarder la réalité en face.

Si les autres ne nous aiment pas, qu’est-ce qui nous empêche nous-mêmes à nous aimer ? Pour certains le patriotisme se résume à la simple organisation des élections, pour d’autres est patriote celui qui brandit la marque d’un tel ou d’un tel. C’est dans ce dualisme (je voulais dire bêtises béantes) que ceux qui nous observent ont aisément trouvé leurs points d’attaque. C’est la danse des chats, chacun se plait dans ce qu’il fait et le Mali reste en arrière-plan.  N’est-ce pas l’hymne national du  Mali qui dit que si l’ennemi découvre son front au-dedans ou au dehors nous sommes résolus de mourir… Quand est-ce que l’unité sera le combat des citoyens maliens ? Le Mali ne saura gagner ni la bataille de souvenir , ni la bataille de l’avenir tant que ses enfants ne se retrouvent pas sur la même voie.

Une pieuse pensée à nos ancêtres !

BOUKA NIARE
Rédacteur en Chef