L’AEEM est l’une des plus grandes plaies de l’histoire du Mali

Prenez la violence, ajoutez y l’arrogance et la paresse intellectuelle, mixez le tout et vous aurez une substance appelée AEEM (association des élèves et étudiants du Mali).
Ce syndicat étudiant qui fut dans les années 90 l’un des plus puissants d’Afrique est la pire chose qui soit arrivée à l’école malienne. Ne respectant ni son propre statut ni le règlement intérieur de l’école malienne, L’AEEM est une arme de destruction massive de carrière de millions de jeunes maliens. La démocratie y est proscrite lors des assemblées générales. Le but ultime de toute réunion est l’annonce de journées d’absences. Les plus plébiscités sont les responsables étudiants qui proposent le maximum de jours de fermeture de classes. Ce mode opératoire a offert à nombreux lycéens et étudiants membres du syndicat le quart d’heure de gloire qui fut le seul de leur vie. Ceux qui osaient apporter un son de cloche autre que les sorties intempestives étaient érigés en traîtres notoires. Certains ont été lynché dans leurs établissements pour avoir osé l’opposition. L’AEEM est la dictature de la pensée unique des plus cancres de l’école.

Peu de maliens pourraient citer des revendications nobles de L’AEEM outre les demandes de libération de camarades casseurs. Les revendications de L’AEEM se résument souvent à une demande de congés pour mieux préparer l’Aid et les fêtes de fin d’année. Il est arrivé que certains responsables de cette secte décrètent des jours de fermeture sur simple demande de la petite amie du chef de tribu.

Des leaders tels Yahiya Ould Zarawana ont anéanti l’espoir de milliers de familles en faisant de leurs progénitures des inadaptés socio-éducatifs. Combien de jeunes maliens promus à une belle carrière universitaire ont été éconduits du système à cause des projets autodestructeurs de la secte menée par Zarawana. Un certain Nouhoum Togo, leader trentenaire du mouvement dans une école secondaire (CFTQ) à l’époque de Zarawana, avait poussé les élèves de l’école fondamentale de Fadjiguila à incendier les motos et vélos de leurs enseignants. Ces derniers avaient échappé de très peu à un lynchage de la part de leurs élèves pour s’être opposé à une fermeture provisoire de l’école. Aujourd’hui, Nouhoum Togo est chargé de mission au ministère de La Défense, Zarawana serait avocat mais des dizaines d’élèves de cette école tous doués pour les études furent simplement radiés à vie de l’éducation nationale. Certains ont finis drogués dans les rues car exclus de leurs propres familles. D’ailleurs en pleine année scolaire et universitaire Zarawana avait abandonné tous ses camarades qu’il avait conduit à une année blanche pour accepter une bourse d’étude en France suite à un passage en prison aux frais du contribuable. L’AEEM a toujours été une malédiction aux yeux des familles qui refusaient d’y voir leurs fils et filles. Chacun de nous pourrait citer ce genre d’anecdote par dizaine. L’AEEM jouait parfaitement le jeu de la régression. Ses pires ennemis n’auraient pas fait mieux. Outre les mastodontes de la machine de communication du syndicat tels Zarawana ou Mariko qui ont eu à la diriger, on a connu des experts en violence écolière qui s’occupaient d’aller vider les lycées et écoles fondamentales qui tentaient de résister au son de la cloche de 9h. Kader Traoré fut l’une des stars incontestée de cette discipline. Tout Bamako avait entendu parler de « Askia Kader ». Son quart d’heure de gloire aura duré quelques années. Nombreux élèves et étudiants maliens en échec lui doivent le mauvais chemin emprunté. Il faut dire que l’AEEM censée demander le bien-être pour l’école tendait plutôt le dos et le bâton.

Non content de faire perdre du temps et des neurones aux plus jeunes, le syndicat secte faisait entrer des loubards et des armes à feu au sein de l’institution qu’est l’école. La violence et l’arrogance sont un mode d’expression qui a toujours fonctionné. Faisant tout comme les politiques, la moindre petite élection engendre des fraudes et des blessés. L’argent, la drogue et le sexe y ont une place de choix.

Regardez autour de vous, quel est le bon cadre malien fabriqué par l’AEEM ? Peu de jeunes s’identifieront aux leaders analphabètes de ce syndicat.

L’AEEM n’a jamais laissé le choix de créer un autre syndicat avec une vision progressiste. Dix ans d’écart d’âge entre certains membres du syndicat suffisent à comprendre les motivations de certaines personnes. Dans les établissements en complicité avec les directions, l’AEEM avait lancé une OPA sur les fournitures et les bourses d’études payées aux élèves et étudiants. Les conditions d’attribution des résidences universitaires sont un bel exemple de Mafia.

Les relations troubles entre le syndicat et certains ministres de tous les gouvernements ont contribué à l’asservissement de l’institution écolière. Depuis l’époque de Oumar Mariko qui fut plus qu’un étudiant jusqu’à aujourd’hui, l’AEEM n’a jamais défendu l’école. Par contre, la planche à billets des ministres complices fonctionnait très bien pour le confort des « SÉCRÉGÉ ». Le ministre de l’enseignement supérieur sous Alpha O Konaré, Moustapha Dicko pourrait écrire un livre entier sur le type de relation qu’il entretenait avec le syndicat.

C’est l’AEEM qui a incendié l’assemblée nationale, c’est ce même syndicat qui a brûlé plus d’une salle de classe, des voitures de paisibles maliens et mis à nu la mère du président Alpha O Konaré.

Si l’AEEM n’est pas la cause mais la conséquence d’une démission collective de parents et du système, certains de ces leaders devraient payer pour l’ensemble de leurs œuvres qui ont produit désolation et régression.

Un mouvement ne se juge pas sur ses intentions ni sur ses effectifs mais plutôt sur ses résultats. En plusieurs décennies d’existence, le résultat est en dessous de zéro avec des morts et des inadaptés socio-éducatifs.

Le son de la cloche de 9h du matin est un cauchemar pour beaucoup de maliens passés par l’école et sortis trop tôt.

 

Elijah de Bla