• Facebook
  • Twitter
  • Google+

Ikoyi, quartier résidentiel de Lagos

L’électricité se fait désirer en Afrique, nous sommes en 2018 et les Africains ne peuvent toujours pas jouir de l’électricité 24h/24 à des coûts abordables. Seuls les expatriés et les quelques nantis y ont droit.Dans cet article nous allons nous concentrer sur l’Afrique de l’ouest à travers le retour d’expériences de 3 jeunes Français issu de la diaspora africaines, qui sont retournés vivre pour un temps donné sur le continent. Les 3 témoignages font références à la situation dans la capitale ou la ville la plus peuplée de chacun des pays. L’électricité se fait désirer dans les capitales, cela va sans dire que la situation est bien plus grave dans les autres villes du pays.

Le Ghana à travers l’expérience de Kofi
Il a vécu 2,5 dans la capitale Ghanéenne à Accra entre 2013 et 2015. Avec une population de 28 millions d’habitants le Ghana est l’un des pays les plus dynamiques en Afrique de l’ouest. C’est également un producteur de pétrole et d’électricité avec sa centrale électrique de l’Akosombo située non loin de la frontière avec le Togo dans le sud du pays. A son arrivée il vivait dans le quartier d’Asylum down (un quartier résidentiel) et pendant 6 mois les délestages étaient très rares. A Accra les problèmes d’électricité et d’eau dépendent beaucoup du quartier ; certains quartiers souffrent énormément des délestage et d’autres du manque d’eau. C’est en 2014 que les problèmes d’électricité sont devenus récurrents et importants dans la capitale Ghanéenne. Les coupures avait lieux le soir entre 18h et 21h, la mairie mettait à la disposition des abonnés d’ECG ( Electricity Company of Ghana : la compagnie d’electricité du Ghana) un calendrier leur permettant de connaître à l’avance le planning des délestages. La situation s’est empirée les mois suivants passant de 5h à 10h de délestage par jour jusqu’à son départ du pays. Ses contacts sur place l’ont informé que la situation s’était améliorée, avec des coupures d’environ 5h par jour selon les périodes. Kofi s’est rendu au Ghana pendant les fêtes de fin d’année, il a résidé dans une auberge. Il a noté des délestages mais son établissement bénéficiait d’un générateur. Ce qui est étonnant est que le Ghana vend son électricité à ses voisins, le Bénin ou encore le Togo et dans ces pays l’électricité ne se fait pas autant désirer.

Le Bénin à travers l’expérience de Pascaline
Cette jeune béninoise a vécu au Bénin entre 2016 et 2017. Avec une population d’à peine 10 millions d’habitants, le Bénin rencontre de gros problèmes pour répondre à ses besoins.
Elle est arrivée peu de temps avant la prise de fonction de Patrice Talon, les délestages étaient quotidien et duraient environ 5h. Patrice Talon a promis au Béninois de réduire les délestages et il a tenu parole, dès le mois de décembre 2016 la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique) a réduit les délestages, ils excédaient rarement 30 minutes à Cotonou. Un an après fin 2017 les 30 minutes sont redevenus les 5h d’antan. Le Bénin dispose de très peu d’infrastructure pour couvrir ses besoins, il dépend donc énormément de ses 2 voisins le Ghana et le Nigéria qui sont ses fournisseurs.

  • Facebook
  • Twitter
  • Google+

Ikoyi, quartier résidentiel de Lagos

Le Nigéria à travers l’expérience de Fèmi
Avec une population de 192 millions de personnes le Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique, et le premier producteur de brut. Et pourtant, le pays a et rencontre toujours d’énormes difficultés à fournir de l’électricité à sa population. Fémi vient d’arriver à Lagos, elle vit sur l’une des îles de la ville, dans les quartiers résidentiels. Elle connait bien cette mégalopole car le Nigéria est son pays d’origine. L’incapacité de NEPA (National Electric Power Authority) ou comme aime ironise les Nigérians Never Expect Power Always (Ne jamais attendre l’électricité). L’électricité se fait désirer à Lagos et encore plus dans le reste du pays. Dans la capitale économique, le délestage ne s’exprime plus en heure mais jour, 48h voir plus est vraiment fréquent, ce qui rend la vie très difficile quand on est pas habitué. Une situation qui implique une réorganisation totale de la vie quotidienne, les courses se font au jour le jour mais le repassage à la semaine. Fèmi nous confie avoir jeté beaucoup de nourriture depuis son arrivée, elle ne peut plus regarder la télé et que c’est vraiment dur au quotidien.Les Béninois et les Togolais vous diront que c’est pourtant le Nigéria qui leur fournit de l’électricité et qu’ils ne rencontrent pas de tel problème. Mais il est important de rappeler que la population de ces 2 pays (Bénin 10 millions & Togo 7 552 000) à eux 2 n’atteignent même pas la population de Lagos (22 millions). Il est donc incohérent de comparer ces pays avec l’ensemble du Nigéria.
En Afrique plus un pays est grand et même en tant que producteur de brut et plus ses difficultés à satisfaire ses besoins d’énergie sont importants. C’est un facteur dont on ne prend jamais compte et qui amène à des analyses ou comparaison incohérentes ; comme celle de comparer le Bénin avec le Nigéria.L’Afrique a encore un long chemin afin d’atteindre l’autonomie énergétique. C’est un facteur à prendre en compte pour tout membre de la diaspora souhaitant retourner s’y installer.

Sisi Adouni, correspondante à Lagos

Pin It on Pinterest