L’éducation du jeune africain : le modèle statistique comme préalable


Jeune africain, réveille toi l’heure à sonner ! Les modèles statistiques nous apprennent que la proportion entre deux phénomènes qu’elle soit satisfaisante ou non-satisfaisante peut donner naissance à un autre phénomène. Nous constatons la réalité de cette logique dans nos sociétés africaines aujourd’hui. Celles qui ont beaucoup investi dans l’éducation ont à leur tour moins investi dans la construction des prisons et dans la gestion des dépenses qui y sont liées. Nous aimons parler des maux et des irrégularités de l’Afrique mais les causes profondes ne sont jamais mises en exergue. L’Afrique des statistiques ! L’éducation est la base de tout. Dans les sociétés dites traditionnelles la socialisation est nécessairement décomposée en différents processus qui délimitent la fabrique d’un être social pouvant s’adapter à son environnement respectif (le seul moyen pouvant aider à comprendre la complexité de l’éducation africaine). La faillite de nos systèmes éducatifs n’est pas la conséquence de la mauvaise conduite des éduqués mais plutôt la conséquence des mauvaises mesures politiques qui ont toujours donné la primauté aux valeurs extérieures « on pourrait dire étranges » qui ont abouti à la construction des imaginaires hybrides non identifiables. Le petit africain (jeune africain) n’a aucune notion au départ de ce qu’il apprend à l’école car il est contraint à démystifier d’abord les contours de la langue par laquelle on lui expose la connaissance. Mettons la question de la langue de côté, car ce n’est que le côté émergent de l’iceberg. La présence des jeunes africains dans les rues souvent autour du thé, dans les bars, dans des « zones de consommation de stupéfiant » doit être un symbole de la concentration de la misère en Afrique. Nous ne disons pas que ces jeunes ne font rien mais il faut savoir qu’ils sont conditionnés à être dans cette vie insensée. Tant qu’il n’y ait pas un rapport entre le marché de l’emploi et les formations dispensées dans les établissements d’enseignement, la proportion de cette vie misérable serait en constante évolution (ne souhaitons pas cela).

Quel avenir pour le jeune africain ? Si l’éducation est fauchée, rien peut marcher, ni le conditionnement de l’ordre morale, ni la culture de la créativité, ni l’émancipation économique. La corrélation entre l’éducation et le maintien de l’ordre social et économique est indiscutable. Les évènements récents doivent nous enseigner cette réalité statistique : la prolifération fulgurante du banditisme, le succès de la méthode de recrutement des Djihadistes, la montée de la prostitution etc.  Thomas Robert Malthus (1766-1834) avait assigné dans son célèbre Essai sur le principe de la population (paru en 1798) que des populations incontrôlées outrepassent les moyens de subsistance, il a aussi ajouté que les progrès de l’espèce humaine dépendraient de sévères limitations de la reproduction. Et si on interprétait ces lignes dans un autre contexte, c’est-à-dire la capacité de nos pays à contrôler leurs populations en termes de l’éducation. Si les systèmes éducatifs en Afrique parviennent à miser sur les éléments constitutifs du social africain, le continent serait un modèle de société. Explication: les lois comme contrat social dans la société moderne contribuent au dressage des individus mais quant à la tradition africaine c’est la communauté (Famille, voisins) qui détient le maintien de l’ordre social, et donc, ce qui est plus fort que la loi comme instrument de coercition. L’économie dans nos sociétés dites traditionnelles est toujours régies par ce même principe, c’est la communauté qui assure la rentabilité des activités économiques. Ce modèle est aujourd’hui qualifié comme obsolète dans nos programmes scolaires tout en brandissant le modèle économique occidental qui, dans sa forme actuelle est structurée selon les réalités sociales des pays occidentaux. Une seule problématique « éducation » nous amène à appréhender le maillage d’un système complexe dont la base n’est pas souvent expliquée dans les grands débats publics.  C’est à partir de cette mise en relation que les pays africains doivent mettre en place leur modèle statistique tout en lui attribuant des indicateurs réels qui incarnent les éléments fondamentaux du problème africain.


Maramory Niaré
Consultant en stratégie digitale

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