Assassinat des journaliste Ghislaine Dupont et Claude Verlon : IBK lâche t-il son premier ministre?

Le président IBK et son premier ministre Soumeilou Boubèye Maiga
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Le président IBK et son premier ministre Soumeilou Boubèye Maiga


C’est impressionnant cette capacité qu’a le président Ibrahim Boubacar KEITA de ne pas défendre les Maliens y compris ceux qui semblent être du même plumage que lui.
Chaque jour qui passe nous confirme l’inimitié du président pour les Maliens.

Pendant son séjour en France dont l’utilité est très discutable, ce pays a accusé son Premier ministre d’être l’instigateur de l’assassinat des deux journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon assassinés tous deux le 2 novembre 2013.
Dans une situation normale avec un président normal, l’incident diplomatique est inévitable.
IBK aurait pu et aurait dû organiser un point presse avec la crème des médias occidentaux pour défendre le premier de ses ministres et défendre la position officielle du Mali dans cette affaire très tordue de terrorisme sur deux journalistes.

Au pire des cas, IBK aurait pu envoyer sa plus belle œuvre animée, la ministre Kamissa CAMARA pour défendre le Premier ministre Soumeilou Boubèye Maiga et profiter de l’occasion pour répandre la position du Mali.

Un ministre des affaires étrangères ça sert à ça en plus elle était aussi à Paris.
Sans le vouloir, la France vient d’offrir sur un plateau d’argent l’occasion pour les autorités maliennes de se vendre.
On ne peut pas faire semblant d’être bon président. Soit on sait faire, soit ça se voit qu’on ne sait pas faire.
La justice française n’est nullement compétente pour juger un membre de l’exécutif malien, ces allégations et accusations de dernière minutes posent deux questionnements :
– Pourquoi accuser le Premier ministre ?
– Pourquoi maintenant ?
Les circonstances sécuritaires de l’époque avec un confinement de tous les symboles du Mali à Kidal dont l’armée montrent une grosse faille dans cette accusation.
Pour rappel, dès le lendemain de l’assassinat des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les tendances du côté françaises ont penché pour un blanchiment de la partie terroriste-rebelle qui régnait sur la ville de Kidal au moment des faits.
La dernière fois que ces journalistes ont été vu, ils sortaient de chez l’un des leaders Touaregs de feu le MNLA.

D’ailleurs l’historien pro MNLA Pierre BOILLEY, entre autres directeur de recherche au CNRSP accusait l’armée malienne le 3 novembre 2013 soit le lendemain de l’exécution des deux journalistes.

Sans mener d’enquête, depuis Paris, il est parvenu à une telle conclusion.
La crédibilité de cette sortie de l’ami du MNLA souffre d’impartialité et d’objectivité.
Lorsqu’il a été apporté à Pierre BOILLEY que les ravisseurs parlaient Tamashek, il a retorqué que dans ce cas, c’est des Touareg acquis à la cause du gouvernement malien.
Le MNLA lui-même reconnaissait que le nord du Mali avait été libéré en sa faveur au moment des faits.
Les deux journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon n’avaient pas demandé de protection particulière.
Ils se sentaient chez eux à Kidal tant ils étaient proches des groupes terroristes-rebelles.
Les questions sur les circonstances du drame se multiplient.

Qui sont les membres du groupe armé qui ont enlevé les deux journalistes devant le domicile d’un des leaders du mouvement national de libération de l’Azawad, Mohamed Ag Ghissa, selon lequel les ravisseurs parlaient tamashek ?

Quatre ans plus tard, on cherche à éviter de nommer les auteurs et l’on cherche à attaquer les symboles du Mali dans sa globalité.
Ce n’est pas anodin d’accuser le Premier ministre d’un pays d’avoir commis un double meurtre sur des ressortissants de la cinquième puissance mondiale.
La France est coutumière des faits, elle affaiblit les états ex-colonie par période.
Cette méthode lui permet non seulement de déplacer le curseur sur les réalités du moment mais également d’assujettir davantage lesdits pays.
Ce qui est nouveau, c’est le silence gênant du président de la République malienne.

Pendant qu’il fait du tourisme haut de gamme en soupant dans les salons réchauffés à l’uranium nigérien à Paris main dans la main avec le président français Emmanuel Macron tel un couple gay qui vient de faire son coming out, le Mali est attaqué à son plus haut niveau.

N’importe quel autre président, chef de l’État dans le monde s’en serait offusqué.
On se rappelle en 2017 lorsqu’une manifestation devant l’ambassade de France au Mali dénonçait le rôle de la France dans la débâcle du Mali, le président IBK avait tenu un discours sévère envers les manifestants.
Il avait qualifié la manifestation d’inopportune et fustigé les responsables.
Aujourd’hui, les Maliens et le Premier ministre du Mali méritent que le président les défende.
Il semblerait que l’impunité internationale contre le Mali soit organisée par IBK lui-même qui ne manque aucune occasion de pleurer publiquement quand la France est attaquée.

Deux analyses peuvent cohabiter à la suite de cette accusation et de ce silence assourdissant du président du Mali.
Soit IBK est incapable d’exiger de la moindre nation du respect pour le Mali, soit il veut lâcher son Premier ministre et soustraire son renvoi avec la France ou les deux possibilités à la fois.
Il y a pire dans le scandale que le scandale lui-même, c’est l’acceptation du scandale.

Elijah De BLA

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