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UNION EUROPEENNE-G5 SAHEL : QUELLES PERSPECTIVES ?

Le 28 avril 2020, le Président du Conseil Européen, Charles Michel et Mohamed Ould Ghazouani, Président de la Mauritanie, également Président en exercice du G5 Sahel ont
co-présidé une visioconférence UE-G5 Sahel, avec la participation de l’ONU et de l’UA.

Réaffirmer le soutien pour mieux faire face à la crise multidimensionnelle
En cette période de covid19, une attention particulière doit-être portée aux Etats du Sahel qui font face à une crise multidimensionnelle dominée par le terrorisme. Le covid19 n’a
eu aucun impact sur les activités des groupes terroristes, qui,bien au contraire,multiplient les attaques. C’est dans ce contexte que l’UE a tenu à rassurer ses partenaires sahéliens.
Très active sur le terrain sahélien à travers ses représentants, l’UE a rappelé son important soutien financier de 4,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020, ses actions
concernent tous les secteurs, (soutien budgétaire, lutte contre l’insécurité alimentaire, formation des militaires et des policiers, soutien à l’éducation, à la santé, à la culture
etc…). Au cours de la réunion, le Président du Conseil Européen a insisté sur une possible propagation rapide des attaques terroristes, qui risquent de s’étendre rapidement au-delà
du Sahel, « voire aux pays côtiers du Golfe de Guinée ». Globalement, l’UE a surtout tenu à réaffirmer son engagement dans le Sahel et le maintien de ses programmes. Malgré
l’arrêt actuel des formations conduites par l’EUTM au Mali, pour cause de crise sanitaire, la mission n’est pas remise en cause, son extension à d’autres pays de la zone est même
prévue.

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Définir une stratégie commune
L’UE demande aux Etats de l’espace G5 Sahel de définir clairement des cadres d’actions prioritaires, elle souligne également la responsabilité première des Etats sahéliens dans
la conduite de leur politique sécuritaire et des réformes internes.

Mais le véritable
problème réside dans la multiplication des projets et de leur incompréhension par les
acteurs du G5 Sahel, peu structurés et peu présents de manière transversale dans les
sphères de prise de décisions.

Le P3S, le PIP, le CAPI, le PSDC, l’Alliance Sahel, la Coalition pour le Sahel, sont entre autres des programmes développés de part et d’autre qui ne « matchent » pas souvent avec les réalités locales et surtout, qui souffrent d’une absence de capacités de mise en œuvre effective. De nombreuses armées sahéliennes sont accusées de commettre des exactions, pourtant certaines sont formées par EUTM, il faudrait sans doute s’assurer de la bonne compréhension des enjeux lors des formations.
Pour faciliter le nexus sécurité-développement, qui est l’objectif final recherché, chaque Etat sahélien doit se doter de structures techniques capables d’agir de manière
coordonnée et permanente avec l’UE, l’UA, l’ONU et les autres Etats sahéliens.

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Boubacar Salif TRAORE

Directeur Afriglob Conseil
Diplômé en relations internationales, en économie et gestion
ainsi qu’en management stratégique et intelligence
économique.

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