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Portrait des étudiants africains à Rouen

Nous avons réalisé une série de portraits des étudiants africains de la ville de Rouen. le premier de cette série est Séverin Tanang d’origine togolaise. Nous avons eu un entretien sincère avec lui. voici le résumé.

Sisi Adouni: Peux-tu te présenter (Identité, pays d’origine & formation)

Séverin TANANG: Je suis Séverin TANANG, étudiant togolais en Mastère Spécialisé Marketing, Communication et Ingénierie des Produits Agroalimentaires à l’EM Normandie.

Sisi Adouni: Pourquoi as-tu choisi la France plutôt qu’un autre pays ?

Séverin TANANG: J’ai choisi la France pour de la qualité de ses formations, et la valeur accordée aux diplômes français à l’étranger.

Sisi Adouni: Comment se sont passées les démarches administratives (école & visa)

Séverin TANANG: Dans un 1er temps j’ai fait mes recherches sur internet et j’ai effectué ma demande d’inscription en ligne. Dans un délai raisonnable, l’école m’a répondu en me proposant un entretien Skype. Après l’entretien, j’ai été retenu. L’école m’a envoyé une lettre d’acceptation et une lettre d’hébergement contre un acompte de 1000 €, qui m’ont permis d’avoir mon visa au consulat français au Togo.

Portrait des étudiants africains de Rouen
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Séverin TANANG, étudiant togolais en Mastère Spécialisé Marketing, Communication et Ingénierie des Produits Agroalimentaires à l’EM Normandie.

Sisi Adouni: Les étudiants Africains se plaignent souvent d’un excès de zèle de la part des fonctionnaires français en Afrique, en as-tu fait l’expérience ?

Séverin TANANG: Personnellement non, j’ai constitué mon dossier avec tout ce qu’ils ont demandé et tout s’est bien passé.

Sisi Adouni: A ton arrivée as-tu bénéficié d’un accompagnement de la part de ton pays d’origine ?
Séverin TANANG: Non, mon pays d’origine ne m’a pas accompagné peut-être parce que je suis venu en France à titre privé.

Sisi Adouni: Comment s’est passée l’adaptation à la vie française (climat, nourriture, mode de vie…)

Séverin TANANG: Plutôt pas mal, vu que j’avais déjà une famille ici. J’ai eu la chance de faire un peu l’étranger (Maroc pendant 3 ans) ce qui m’a permis de vite m’adapter à ma nouvelle vie. Ce qui est toujours impressionnant ici en France c’est la multitude de démarches administratives qui ne finit jamais. Du coup on a toujours besoin des aides, des conseils… pour y arriver.

Sisi Adouni: Comment t’es-tu recréé un tissu social ?

Séverin TANANG: En plus d’être étudiant, je suis un joueur d’handball. Je me suis trouvé un club aussitôt arrivé et j’ai intégré ce club un mois après mon arrivé. Je côtoyais mes camarades et mes coéquipiers chaque jour. C’était un grand atout d’intégration pour moi dans la vie sociale française.

Sisi Adouni: As-tu été confronté(e) au racisme ? Si oui, comment l’as-tu vécu ?

Séverin TANANG: Non je ne dirai pas le racisme c’est trop fort. C’était la découverte d’une nouvelle mentalité, d’une autre manière de penser, de voir les choses, en bref d’une nouvelle culture. Et cela, j’ai pris un peu de temps pour m’habituer.
Au début j’étais frustré et abattu par certains agissements de mes camarades et coéquipiers. Après je me suis dit c’est à moi de faire un effort pour mieux les comprendre et les faire comprendre cette différence. Cela a pris du temps mais je suis arrivé à surmonter ces moments.

Sisi Adouni: Sur le plan scolaire, quelles sont les points positifs que présente la France par apport à ton pays ?

Séverin TANANG: Le système éducatif français permet de se confronter à la pratique au cours de la formation. En plus plusieurs intervenants sont des professionnels de la matière pas juste des universitaires.

Sisi Adouni: Sur le plan personnel, quelles sont les points positifs que présente la France par apport à ton pays ?

Séverin TANANG: L’ouverture d’esprit,

Sisi Adouni: Si ce n’est pas indiscret, comment finances-tu tes études ?

Séverin TANANG: Un soutien familial

Sisi Adouni: Ressens-tu une solidarité entre étudiants africains ?

Séverin TANANG: Oui je pense, les étudiants africains ont tendance à se réunir pour réfléchir sur le développement du continent africain.

Sisi Adouni: Y’a-t-il des conflits entre les étudiants Africains de différents pays ?

Séverin TANANG: Non je ne vois pas pour quelle raison ça pourra être possible.

Sisi Adouni: Comment se passent vos rapports avec les étudiants européens ?

Séverin TANANG: Pas comme je le voulais, on n’a pas grand-chose en commun à part nos relations à l’école.

Sisi Adouni: Sentez-vous proches des étudiants français d’origine africaine ?

Séverin TANANG: Oui j’ai quelques amis.

Sisi Adouni: Y’a-t-il des organisations ayant pour but de réunir les étudiants africains (nés en France & en Afrique)

Séverin TANANG: Oui plusieurs, ASEAF (Association des Stagiaires et Etudiants Africains de France), FEANF (Fédération des Etudiants de l’Afrique Noire de France), AAD (Association Afrique Développement)…
Je ne suis membre d’aucune organisation.

Sisi Adouni: Est-ce qu’il t’est arrivé de regretter ton choix ?
Non au contraire j’ai toujours eu la conviction que ma vie en France est un grand tournant. Cela va m’aider à construire ma vie professionnelle efficacement et développer ma personnalité pour devenir un acteur évident du développement de mon pays.

Séverin TANANG: Souhaites-tu rester en France ? Dans un autre pays occidental ou l’Afrique ?
Oui je souhaite y rester, mais ne veux pas m’éterniser, je vais retourner pour contribuer au développement et à la construction de mon pays.

Sisi Adouni: Quelles sont les raisons qui motivent ton choix ?

Séverin TANANG: Développer mes compétences en France, acquérir de l’expérience dans l’agroalimentaire à moyen terme.

Sisi Adouni: Quel est ton projet professionnel pour ton pays d’origine si tu retournes un jour ?

Séverin TANANG: Je compte créer une entreprise agroalimentaire pour la transformation et la commercialisation de certaines denrées alimentaires au Togo.

Interview réalisée par notre correspondante à Rouen, Sisi Adouni

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