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Médias et politiques français: l’institution du «privilège blanc» et des analyses «racialistes»

La France est fière de sa devise « liberté, égalité, fraternité » ainsi que de son rôle d’ambassadeur et de gardien des droits de l’homme. Et pourtant tout les jours en France cette devise est bafouée à travers ce qu’on appelle le racisme ordinaire à l’endroit des Français d’origine étrangère. C’est particulièrement édifiant dans le traitement de l’actualité. Le racisme ordinaire est devenu le sport national dans l’hexagone.  Tout le monde s’y est mis, les hommes politiques, les intellectuels, les journalistes et la société civile.

C’est un procédé particulièrement apprécié des politiques de droite comme de gauche à l’approche des périodes électorales pour rallier dans leurs camps les militants du Front National. L’ancien président Jacques Chirac a su brillamment l’utiliser dans son célèbre discours « les bruits et les odeurs »  en 1991. Il y dépeint sans équivoque les Africains vivant dans le quartier de la goutte d’or à Paris (plus connu sous le nom de château rouge). Il a construit son discours autour de différents stéréotypes sur les Africains, tels que la polygamie, la paresse, profiteurs du système d’allocations familiales et leur manque d’hygiène.

http://www.une-autre-histoire.org/jacques-chirac-le-bruit-et-lodeur/

Ces propos ont à peine choqué l’opinion publique, bien au contraire beaucoup de Français en ont ri. Une telle réaction n’est vraiment pas étonnante, la France est un pays où il existe un véritable apartheid médiatique. Les Africains de France ont toujours fait l’objet de stéréotypes destinés à les stigmatiser afin de leur attribuer la responsabilité de certaines difficultés auxquels le pays doit faire face.

C’est ce même président Chirac qui déclarera en 2011 au cours d’une interview : « On oublie seulement une chose c’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. »

Des propos qui rappellent le mépris de Jacques Chirac mais aussi de la France pour les populations africaines. Un mépris qui explique cette différence dans l’analyse de l’actualité les concernant.

 

Certains  groupes ethniques sont de parfait boucs émissaires dont se servent les politiques pour justifier les problèmes sociaux ou de chômage qui frappent le pays.

En 2005 la France souhaite amorcer une politique d’immigration « choisie » pour en finir avec des années d’immigration « subie » dont elle attribue une partie aux migrants venant de l’Afrique subsaharienne. L’opinion publique a également fait part de son ras le bol et sa xénophobie à peine voilée. Afin d’atténuer les nombreuses critiques concernant ce problème, le président Sarkozy tient en 2007 à Dakar un discours méprisant devant un parterre d’hommes politiques africains. Les Africains ne sont pourtant pas les seuls à vouloir rejoindre la France mais ils sont les seuls à qui ont s’adresse avec si peu de respect.

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Ls président Abdoulaye WADE et Nicolas SARKOZY
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Les président Abdoulaye WADE et Nicolas SARKOZY

Jusqu’à aujourd’hui la France ne s’est pas encore débarrassée de ce complexe de supériorité qu’elle a vis-à-vis de ces anciennes colonies africaines et de son paternalisme. Les attaques dont souffrent ces populations en sont le parfait exemple.

 

En 2005 après la mort d’un jeune garçon dû à la violence des rivalités entre bandes,  Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur se rend à la Courneuve (une ville dont la population est majoritairement magrébine et subsaharienne) pour discuter de  l’insécurité. Il déclarera les propos suivants :

« Dès demain, on va nettoyer au Karcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu’il faudra, mais ça sera nettoyé ».

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Des images de la revoltes des banlieues
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Des images de la revoltes des banlieues

http://www.europe1.fr/politique/on-va-nettoyer-au-karcher-la-cite-273835

Une fois de plus ces propos rappellent le langage utilisé par les parties d’extrême droite et sont fortement emprunt d’un passé tragique. Le mot « nettoyer » fait référence à l’épuration ethnique et au génocide Juif qu’à connu l’Europe lors de la 2nd guerre mondiale. Comment un représentant de l’état peut-il décemment associer une frange de la société à des procédés qui ont entrainé la mort de millions de personnes? Certainement qu’un véritable dédain est porté à l’endroit de ces communautés par la majorité du pays.

Quand ce n’est pas les hommes politiques se sont les philosophes ou chroniqueurs télés. En 2005 au sujet des révoltes des banlieues, le philosophe proclamé Alain Finkielkraut défend la thèse selon laquelle ces évènements ne sont pas liés qu’aux conditions sociales des populations immigrées mais aussi à leur origine et leur religion. Selon Finkielkraut, les émeutes ne sont pas la réponse des jeunes de banlieues au racisme des Français mais l’expression de leur racisme en vers les populations occidentales.

Une idée également défendue par le chroniqueur Eric Zemmour. Ce type de théorie raciste faisant écho aux idées de l’extrême droite est  devenu leur cheval de bataille.

Le monde du sport compte-tenu de la forte représentation des personnes d’origines immigrées dans ses rangs est également une victime idéale. L’équipe de France de foot est du pain béni pour ce type d’attaques. En 1998 l’équipe de France « black-blanc-beur » faisait l’unanimité et était le symbole du vivre ensemble. En 2010 après la grève des joueurs durant la coupe du monde en Afrique du sud et les injures proférées par Nicolas Anelka à l’encontre de Raymond Domenech, Alain Finkielkraut déclare que l’équipe nationale est dorénavant  « black-black-black » et que la France est la risée de l’Europe.  Des propos qui alimentent un environnement social déjà  très tendu dans le pays. Le joueur de foot Karim Benzema est actuellement victime de ces préjugés. Suite à des déboires judiciaires avec l’un de ses coéquipiers, on lui reproche son origine social et son entourage issu des banlieues.

 

En 2009, deux ans après son élection et quelques polémiques (candidature de son fils Jean, Frédéric Mittérand…) qui l’ont fragilisé le président Sarkozy souhaite à nouveau rassembler les Français autour de lui. Par le biais de son ministre de l’immigration Eric Besson, il lance un débat sur l’identité

Nationale, l’un des principaux thèmes de sa campagne. Ce fut une énième occasion pour les politiques, les journalistes, les philosophes et Français lambda d’accuser haut et fort les immigrés d’origine africaine d’être responsables en grande partie des problèmes sociaux dont souffre la France. Cette parole totalement décomplexée, Nadine Morano en est un parfait porte drapeau. Fin décembre 2009 lors d’un débat elle explique que ce qu’elle attend du jeune musulman quand il est Français : « c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers ». Ce débat n’a fait qu’augmenter la stigmatisation de certains immigrés et par ricochet le repli communautaire. Un phénomène qui  nous le savons tous peut avoir des effets extrêmement néfastes sur le vivre ensemble. L’objectif n’est pas de trouvé des excuses aux jeunes Français issue de l’immigration qui rejoignent l’état islamiste, mais il est évident que la stigmatisation systématique de ces populations est un terreau extrêmement fertile pour tout ces groupuscules terroristes qui sont à la recherche de personnes marginalisées et sans repère.

Le langage utilisé par la presse concernant les terroristes des attentats de Paris, de Charlie Hebdo et de l’hyper cacher en 2015 est aussi révélateur d’un racisme et d’une islamophobie d’état. La presse ainsi que les politiques font le choix délibéré d’associer toute la communauté musulmane à ces actes. Pourtant lorsqu’un individu non issue de l’immigration commet également des actes terroristes, on assiste à un véritable concours pour excuser et /ou justifier le passage à l’acte. Le crash provoqué en 2015 par le pilote Allemand du vol 9525 de la Germanwings a entrainé la mort de 149 personnes.

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Le pilote de la Germanwings
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Le pilote de la Germanwings

Un véritable bloc s’est formé afin de ne pas rattacher cet acte à du terrorisme comme si le terrorisme était l’apanage des populations non blanches.

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Les casseurs contre la loi du travail
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Les casseurs contre la loi du travail

 

Récemment cet apartheid médiatique s’est illustré dans l’analyse des groupes de casseurs pendant les manifestations contre la loi du travail. La presse a pris le soin d’identifier et de dissocier les groupes de casseurs. Elle s’est appliquée à rappeler les origines sociales des protagonistes (essentiellement non immigrées), leur zone d’habitation (peu sont issue des banlieues) et leurs motifs (la plupart ont une conscience politique et ne se contentent pas de casser). En effet au vue des origines de la majorité des casseurs arrêtés, il était important de ne pas mélanger les « casseurs blancs » et les « casseurs issues de l’immigration ». Pourtant on n’observe pas une telle gymnastique intellectuelle lorsqu’il s’agit de manifestations pour la Palestine. Les casseurs sont issus des banlieues et viennent forcément pour casser. De la même façon qu’il est important de ne pas mélanger l’histoire glorieuse de la France avec sa population issue de l’immigration. Le rappeur Black M a fait l’objet de nombreuses critiques concernant sa future prestation lors de la commémoration de la bataille de Verdun. Pourtant de nombreux artistes ont eu dans le passé des propos durs en vers la république mais ils n’ont pas fait l’objet d’attaques aussi vives.

 

Cet apartheid médiatique est le triste reflet du racisme et de l’islamophobie qui règne en France. La France ne s’est pas encore affranchie des préjugés et stéréotypes nés du colonialisme qu’elle reporte sur les nouvelles générations issue de ces anciennes colonies africaines. Mais il est impossible de construire un vivre ensemble avec une communauté lorsque celle-ci est traitée avec dédain pour juste des motifs ethniques et religieuses.

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Sisi ADOUNI,

stagiaire

 

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