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MALI : TROIS RECETTES INDISPENSABLES EN PÉRIODE DE CRISE

Face à la propagation du virus Covid-19 le gouvernement du Mali, a adopté quelques mesures. Ces actions mises en œuvre, souffrent souvent d’une absence d’adhésion volontaire, car elles suscitent de l’incompréhension du fait des incohérences et des imprécisions. Pour permettre au pays de passer cette période délicate, voici trois recettes :

– Soutenir la nation entreprenante.

La stabilisation de l’économie constitue l’enjeu majeur. L’activité économique est dominée par de nombreux commerçants détaillants dont le nombre exact reste inconnu. Ils sont souvent accusés par les grands opérateurs de pratiquer une concurrence déloyale du fait de leur évolution dans le secteur informel. Depuis de longues années, l’Etat assiste à la fracture du tissu économique entre industriels, grossistes et détaillants. Les pays qui ont eu à faire face à cette situation, notamment ceux d’Asie de l’Est ont mis en œuvre une politique basée sur le « développementalisme économique ». Il s’agit d’une tripe action orientée vers l’augmentation des investissements publics, l’encouragement de la redistribution et le soutien aux exportations et non aux importations à travers le renforcement de la production locale. Dans ce processus l’Etat a un rôle moteur.

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– Des forces de sécurité rassurantes.

En cette période de crise, la posture des agents chargés de la sécurisation participe directement à la capacité des populations à construire leur résilience. En plus de l’état d’urgence en vigueur au Mali, le gouvernement a décidé d’instaurer le couvre-feu pour lutter contre les rassemblements nocturnes pouvant favoriser la propagation du Covid 19. Cette restriction des libertés individuelles pour favoriser l’intérêt général doit s’accompagner d’une bonne pédagogie et d’une bonne sensibilisation des forces de sécurité chargées de la conduite de cette délicate mission. Les agents doivent ainsi rassurer afin d’élargir le spectre de la confiance entre gouvernants et gouvernés.

– « L’organisation et la discipline »

Il y a quelques années de cela, j’ai eu l’occasion d’écouter le philosophe Alain Badiou, il disait que les pays pauvres n’avaient pas beaucoup de choix pour s’en sortir et qu’ils doivent avant tout favoriser « l’organisation et la discipline ». Il est vrai qu’en cette période difficile, ces deux principes sont ceux qui sauvent le plus de vies. Au Mali, la réflexion globale doit reposer sur les moyens pouvant permettre l’émergence d’un « esprit collectif de défense » de la nation. Beaucoup évoquent la notion de citoyenneté sans pour autant savoir quoi y mettre. De nombreux maliens agissent sans se poser la question ce que l’Etat pourrait faire pour eux. Mais très souvent, au moment décisif où l’Etat doit soutenir les initiatives, il est terriblement absent.

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Boubacar Salf TRAORE

Directeur Afriglob Conseil
Spécialiste de la zone G5 Sahel
diplômé en relations internationales, en économie et gestion ainsi qu’en management stratégique et intelligence économique

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