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MALI : LA NÉCESSITÉ DE FAVORISER LE BON SENS ECONOMIQUE

Dès l’année 2010, j’avais conseillé aux autorités maliennes de favoriser l’émergence d’une grande structure chargée de l’intelligence économique pour d’une part, permettre au pays de valoriser davantage ses capacités internes et d’autre part, lui permettre de préparer son avenir. Face à la crise sanitaire qui secoue le monde, le Mali doit rapidement se mettre à jour, en adoptant une trajectoire économique claire orientée sur la valorisation de la production interne. Les recettes de l’Etat sont globalement basées sur l’exportation du coton et de l’or. Une grande pression est également exercée sur les douanes et les impôts, ce qui encourage l’importation au détriment de l’exportation et aussi le développement des activités informelles et hybrides par les entrepreneurs.

La crise sanitaire invite avant toute chose au bon sens, individuellement chacun est invité à adopter les bonnes consignes.

Les Etats doivent également envisager des mesures internes en attendant l’organisation de la solidarité internationale qui risque prendre beaucoup de temps. La structure de l’économie malienne est de 38% du PIB pour le secteur primaire, 19% pour le secteur secondaire et 37% pour le secteur tertiaire. Le pays présente une croissance de 5%, mais en réalité celle-ci ne dépasse pas 3%, et est surtout soutenue par l’aide internationale. Le déficit budgétaire se chiffre à 500 milliards de FCFA pour l’année 2020. Contrairement à de nombreux pays africains, le Mali n’a pas élaboré un plan de grande envergure pouvant donner une trajectoire économique claire. Plan National de Développement 2016-2020 pour la Côte d’Ivoire, National Industrial Revitalisation Programme 2020 pour le Ghana, Plan Sénégal Emergent 2014-2035 pour le Sénégal ou encore Grow and Transformation 2030 pour l’Ethiopie, qui a orienté sa stratégie autour de trois secteurs prioritaires : le textile, le cuir et l’agroalimentaire.

Avec 10 millions de bovins et plus de 32 millions d’ovins et de caprins, sans oublier le potentiel de 43 millions d’hectares de terres arables et deux fleuves stratégiques (le Niger et le Sénégal), le Mali peut atteindre des objectifs de production et de transformation très importants.

D’ailleurs, le pays est l’un des plus grands producteurs de céréales en Afrique avec plus de 10 millions de tonnes et cela malgré ses difficultés internes. Il faut tout de même noter que le pays s’est doté d’un ministère du développement industriel en 2015, mais celui-ci n’a pas pu proposer une stratégie structurante. Le Mali peut faire largement mieux en faisant des choix stratégiques, avec la crise le coton n’est plus acheté, il faut se poser la question sur son avenir. Le prix de l’or a augmenté, cela demande d’envisager des nouveaux investissements. Le pays doit impérativement valoriser ses atouts internes notamment autour des filières porteuses (Karité, sésame etc…). J’ai évoqué l’idée d’un confinement productif, en incitant les jeunes à aller soutenir les producteurs locaux. Le Mali peut aussi développer une filière « bio » de qualité. Lors de la visite du Premier ministre dans la région de Kidal en mars dernier, il fut accueilli à Tessalit avec des produits « bio » issus du maraîchage local, un message qui suscite un bel espoir et qui doit être soutenu.

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Boubacar Salif TRAORE

Directeur Afriglob Conseil
Spécialiste de la zone G5 Sahel
diplômé en relations internationales, en économie et gestion ainsi qu’en management stratégique et intelligence économique

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