Mai : il est dangereux de laisser le monopole du débat des conflits communautaires à ceux qui en portent l’habit de manière ostentatoire

L’humanité se perd davantage par la faute des bons qui se taisent que par celle des mauvais qui agissent. Les maliens habités d’une bonne intention dans la résolution des conflits inter-maliens doivent s’exprimer à haute et intelligible voix. Le conflit lié à la transhumance du bétail qui oppose éleveurs majoritairement Peuls et agriculteurs ne doit pas faire exception. Être Peul n’est pas une exception au Mali tout comme être Sénoufo, cependant la gestion des frustrations des uns par les autres pourrait engendrer de la surenchère.

Le Mali semble ne plus être « un et indivisible » mais c’est une apparence. Certes le bateau Mali tangue depuis 2012 mais les hommes qui le dirigent mal ne seront pas éternels. Que ceux dont la parole porte fruits mûrs haussent le ton.

La douleur est nationale tout comme le deuil après le massacre de plus de 160 personnes dans le village Peul d’Ogossagou.

Partant de ce principe de douleur nationale, les solutions proposées doivent émaner de tous maliens épris de paix et d’amour. L’émotion et la gêne ne doivent en aucun cas occulter l’unité dans le bonheur comme dans le malheur. Il n’y a aucune raison qu’un Peul soit plus frappé par la douleur qu’un Minianka. Les liens de filiation pluriséculaires entre les Peuls et les Bamanans font des Bamanans des victimes de cette barbarie. Ces mêmes liens de voisinages entre Peuls et Dogons font des Dogons des familles endeuillées. Nous vivrons ensemble en paix où nous périrons tous. La paix comme l’insécurité ne peuvent être cantonnées.

Quelques Peuls ne sauraient s’octroyer l’exclusivité de la peine dont souffre la nation entière.

Si nous offrons un avantage absolu aux seuls membres de communauté Peule concernant le débat lié aux conflits de transhumance du bétail, nous créerons de fait une spécificité Peule. Si jamais nous cédons aux sirènes communautaristes, nous sombrerons tous ensemble. Les Peuls ne sont pas différents des autres ethnies maliennes dans les différents compartiments de la vie. Il faut construire les ponts qui empêcheront les fractures futures. C’est ensemble que les maliens tous bords confondus y parviendront. Le mot génocide est une terminologie qui ouvre certaines portes dans le monde occidental. Des pyromanes déguisés en défenseurs de la communauté Peule ont tout intérêt à promouvoir cette terminologie. En brandissant le spectre du génocide de la communauté Peule du Mali, ils se font inviter dans des colloques et conférences tout frais payés tout en se construisant un statu social. La vigilance est la meilleure des précautions en la matière.

Dans la région du Wassoulou, en 2017 des conflits ont éclaté entre agriculteurs et éleveurs faisant des victimes.

Il se trouve dans ce cas précis que les éleveurs et les agriculteurs étaient tous Peuls. On ne peut pas évoquer le terme complot et/où génocide dans cette configuration. D’ailleurs ce conflit n’a pas fait couler beaucoup d’encre chez les extrémistes de la constatation des génocides. En réalité, la transhumance du bétail génère des conflit partout, il faut trouver des solutions adaptées.

Outre les problèmes de cohabitations inhérents à la nature même de la transhumance du bétail, d’autres communautés vivantes au Mali connaissent des zones de turbulence.

Au sein même de la communauté Soninké du Mali dans la région de Kayes, il y a urgence à agir. En effet, les différentes castes ont du mal à vivre en symbiose à la suite de la volonté des uns de ne plus subir les autres.

L’onde de choc des violences et des victimes civiles à touché Paris mais les autorités maliennes continuent de faire la sourde oreille. Pour l’instant il n’y a pas de mort mais le phénomène est significatif pour qu’on se taise et laisser les seuls soninkés gérer.

La cohabitation entre Bella et Tamashek révèle aussi des conflits avec son lot de victimes. Faut-il laisser ces deux entités en découdre ? Chaque fois qu’un malien est victime d’une injustice à cause de son appartenance ethnique, de sa religion ou de son orientation sexuelle, nous devons nous lever comme un seul homme pour faire front commun. Si nous y voyons un complot des autres maliens contre ce seul autre, nous nous éloignerons de la solution.

L’état malien devrait être plus courageux que ça et trouver des solutions culturelles tout en légiférant. La société civile doit mettre la pression à double couches sur le gouvernement afin qu’il organise des états généraux autour des problématiques de cohabitation de nos sociétés. Il faut s’habituer à circonscrire ces fléaux à l’origine sinon nous finirons par nous habituer à compter les victimes humaines qui en découlent. La paix sera globale où ne le sera pas.

 

Elijah De BLA

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