Les violences envers les femmes au Nigéria
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Campagne contre les Les violences envers les femmes au Nigéria


Nigéria, les violences envers les femmes sont enfin de plus en plus dénoncées. Cette semaine c’est le cas d’un sénateur portant la main sur une vendeuse qui a fait les gros titres. Grâce à la technologie, les actes répréhensibles sont parfois enregistrés par les caméras. On peut y observer le sénateur Elisha Abbo agressé violemment la vendeuse. Il a également appelé la police afin qu’ils arrêtent la victime. Au Nigéria, les violences envers les femmes sont à l’image du patriarcat définit par certaines traditions et renforcé par la religion. C’est la victime qui est fautive, d’où l’intervention de la police à son égard. Mais beaucoup de voix se sont soulevées, le comportement du sénateur a choqué bon nombre de gens. Son partie politique, People’s Democratic Party (PDP, le partie au pouvoir) a d’ailleurs condamné très rapidement son attitude. Et le sénat a ouvert une enquête concernant cette affaire. Le mercredi il a finalement présenté des excuses publics. Il y’a 2 semaines c’est Busola Dakolo, la femme du chanteur Timi Dakolo qui a rendu public une accusation de viol concernant le célèbre pasteur pasteur Biodun Fatoyinbo. Le fondateur de l’église Commonwealth of Zion Assembly (COZA). De nombreux cas de viols sont actuellement reportés dans le pays. Des viols concernant même des femmes âgées et des bébés, où les victimes sont toujours considérés comme fautives selon l’opinion publique.

Nigéria, les violences envers les femmes : Les chiffres
Un rapport de l’ONU rapporte qu’en Afrique, les femmes sont plus exposées aux risques de violence. En Afrique subsaharienne 22,3% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi une agression physique et ou/sexuelle de la part d’un partenaire en un an. Une étude révèle qu’au Nigéria, environ un tiers des femmes ont été victimes de violences de tout genre de la part de leur partenaire. Cela va des violences physiques, au viol conjugal ou bien au meurtre. La même étude stipule que 43% des femmes pensent qu’un homme violent est dans son droit. Les raisons sont multiples, comme l’absence d’une demande d’autorisation pour sortir ou encore un mauvais traitement à l’égard des enfants.

Nigéria, les violences envers les femmes : les structures de protection
Dans la ville de Lagos quelques structures existent pour accompagner les femmes victimes de violence. Par exemple, le centre d’accueil de l’état de Lagos dédié aux victimes de violences sexuelles (Lagos State Domestic and Sexual Violence Response Team : DSVRT). Le centre accompagne chaque année des centaines de femmes, mais rare sont les les cas qui arrivent devant la justice. Les victimes souhaitent seulement que les violences cessent. Il est très mal vu une femme qui rapporte son mari à la police, pire devant la justice. Il existe également une ligne téléphonique dédiée aux victimes de violences.

Nigéria, les violences envers les femmes : Les réactions de l’opinion publique
La société civile se réveille enfin. Beaucoup ont exprimé haut et fort leur indignation et condamnation suite à la vidéo du sénateur agressant une vendeuse. Ou encore après les accusations de viol concernant le pasteur Biodun Fatoyinbo. Le vendredi 6, c’est la superstar de la musique Tiwa Savage qui partageait dans une série de tweets son indignation concernant les multiples violences faites aux femmes. Ainsi que de célèbres blogueurs comme Sisi Yemi, une jeune maman indignée par cette situation. A travers une vidéo sur le sujet, elle tente d’aider les parents à mieux protéger leurs enfants face à d’éventuels abus. Dans beaucoup de sociétés africaines et notamment au Nigéria les abus envers les femmes et les enfants restent un véritable taboo. La culpabilité et la honte restent portées par la victime. Il est presque systématiquement demandée à une femme de tout simplement subir les violences pour sauver son honneur et celle de sa famille. Les victimes sont pour la plupart désarmées face à une société qui les a condamné d’avance.

En Afrique, la pauvreté et la pression sociale (tradition et religion) oblige les femmes à subirent toutes sortent de violences sans pouvoir y mettre fin. Le combat sera long et pavé d’embuches pour nous femmes africaines, mais les choses choses changent.

Sisi Abeni

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