Les 100 premiers jours de Boubou CISSE à la tête du gouvernement : les maliens sont très déçus

les 100 premiers jours de Boubou
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le président Ibrahim Boubacar KEITA et son premier ministre Boubou CISSE

Les 100 premiers jours de Boubou CISSE à la tête du gouvernement malien sont passés très vite. C’est un cap qui nous donne l’opportunité de faire un bilan. Pour certain, 100 jours ne permettent pas de réaliser un bilan. Pour d’autre c’est nécessaire. Qu’il soit comptable, moral ou arithmétique, il y a matière à faire le bilan des 100 premiers jours de Boubou CISSE à la tête du gouvernement malien.

Le 22 Avril 2019, le président Ibrahim Boubacar KEITA franchissait un cap avec son ministre de l’économie et des finances. Il nommait Boubou CISSE premier ministre du gouvernement malien. C’est le sixième premier ministre malien en 6 ans de mandat du président IBK. De ce jour à aujourd’hui, 100 jours se sont écoulés avec son lot événements, de promesses, d’espoirs et d’attentes.

A l’heure du bilan, nous avons recueilli les jugements de cinq observateurs de la scène politique malienne. Ils ont des profils différents et des parcours divers. Boubacar Salif TRAORE, Tiguida OBERTAN, Samba GASSAMA, Tahirou DEMBELE et Moussa SIDIBE ont analysé et jugé pour vous les 100 premiers jours de Boubou CISSE à la tête du gouvernement malien.

Pour juger des événements ou une situation il nous faut des critères. En la matière nous avons retenu les critères en adéquation avec les grands chantiers du Mali. L’économie, la sécurité, la santé, le front social, justice et l’éducation sont les critères à partir desquels nos juges ont analysé Boubou CISSE sur ses 100 premiers jours.
Nos 6 juges n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour donner leurs avis sur les 100 premiers jours de Boubou CISSE à la tête du gouvernement. l’art de faire du vieux avec du vieux.

Ils ont rappelé l’organisation de l’appauvrissement des maliens par les élites. Le manque de volonté et de savoir de l’équipe gouvernementale empêchent tout projet réfléchi. La dette intérieure demeure un frein à l’activité économique qui tourne au ralenti. Le déficit de la balance commercial et les créanciers du Mali qui l’accablent ne constituent pas une avancée. Le premier ministre a promis aux opérateurs économiques le remboursement de la créance qui leur est due mais le paiement tarde. Les rapports du bureau du vérificateur général s’accumulent chaque année sans effet sur les intentions des bandits en col blanc. Boubou CISSE n’y a rien changé en 100 jours. Le Mali croule sous le poids des aides et des dons de toutes sortes mais le progrès ne se décrète pas, il se construit.

Avec 1230 milliards de don, et l’annonce de la création de 200 mille emplois, nous en sommes à nous demander où va tout cet argent.

Après 100 jours à la tête du gouvernement, le premier ministre n’a toujours pas fait de discours de politique générale. Il n’a pas fait connaitre non plus les grands axes des réformes nécessaires aux besoins du Mali. Le bilan économique de ses 100 jours premiers jours à la tête du gouvernement est un naufrage.

Avec presque 300 morts sur sa conscience en 100 jours à la primature, la sécurité demeure le parent pauvre le plus identifiable des chantiers au Mali. Les 50 milles soldats présents sur le sol maliens n’ont pas réussi à inverser la tendance sécuritaire.

La question sécuritaire demeure critique au Mali. Les estimations les plus optimistes chiffent les terroristes à 4 milles individus. En toutes situations, l’équation serait aisée à résoudre sauf quand il s’agit du Mali de Boubou CISSE. Si l’on peut observer un semblant d’accalmie dans le centre du Mali depuis quelques semaines il est difficile de dire que cela est due aux allers et venues du premier ministre à Mopti. La saison pluvieuse rend les routes impraticables et ralentie les activités humaines exclusivement cristallisées sur l’agriculture. Cumulard des postes de premier ministre et de ministres de l’économie et des finances, Boubou CISSE est liés aux achats frauduleux d’équipements militaires qui défient toutes les règles de l’orthodoxie en matière d’échange marchand. Les acquisitions d’hélicoptères non volant sans garantie de maintenance continuent de faire couler beaucoup d’encre. En 100 jours au poste, Boubou CISSE n’a montré aucun signe de différence avec la pratique déjà en cours au Mali.

Cette semaine, des nourrissons ont été amputé dans le plus grand hôpital du Mali suite à la négligence du personnel sanitaire. La photographie du service sanitaire malien se retrouve dans ce scandale récent.

Les hôpitaux sont démunis du minimum vital. On peut décéder pour défaut de gant dans les centres hospitaliers du Mali. Si cela vous surprend, faites un tour dans n’importe lequel. La nomination du ministre Michel SIDIBE en même temps que Boubou CISSE a suscité des espoirs au vu du CV de l’homme. La montagne a accouché d’une souris 100 jours plus tard. Michel SIDIBE s’est présenté aux maliens avec de beaux discours et des Twittes en rafale. Son premier ministre n’a jamais mis les pieds dans un hôpital malien pour voir avec ses yeux de décideur. L’hôpital se meurt chaque jour devant les objectifs des téléphones portables des citoyens qui immortalisent l’agonie. De la même manière que les élites pillent les caisses pour financer les études de leurs descendances à l’étranger au détriment des maliens ils pillent le Mali pour financer les évacuations sanitaires dont eux et leurs familles profitent au détriment de la qualité des soins au Mali. Boubou CISSE n’a posé aucun acte en 100 jours dans le sens d’un retournement de la tendance morbide.

Les maliens ont toutes les raisons de battre le pavé en toutes périodes. C’est un véritable paradoxe que réussi Boubou CISSE depuis son arrivée. Avec quelques promesses, il a réussi à calmer d’apparence le front social. Les frontistes ont cessé de manifester leurs mécontentements alors qu’ils n’ont rien obtenu. Ça mérite un trophée pour le premier ministre. Combien de temps ça va durer ? l’avenir très proche nous le dira.

Si Boubou CISSE a marqué des points en 100 jours à la primature, c’est bien l’étouffement artificiel de la grogne sociale. Pour le reste, les solutions durables tardent.

Les années scolaires se suivent et se ressemblent avec le spectre de l’année blanche et des années de 2 mois. L’école malienne est sous surveillance de l’élite. Elle organise sa perte puis expatrie ses enfants vers les bonnes universités à l’étranger. En 100 jours à la primature la donne n’a guère varié. La violence, le niveau exécrable des enseignants et de fait des étudiants continuent de prendre de l’ampleur. Les écoles privées poussent dans toutes rues avec l’assurance d’obtenir un diplôme peu importe la manière. Le gouvernement Boubou CISSE ne joue pas son rôle régalien d’apporter une éducation saine aux enfants du Mali. L’école malienne constitue la plus grande fabrique de chômeurs et par ricochet de terroristes de demain. La corruption qui gangrène l’économie, la santé et la sécurité se retrouvent dans l’éducation nationale. Les 100 premiers jours de Boubou CISSE à la tête du gouvernement n’ont pas envoyé de signal fort au système éducatif malien.
Aucun pays ne peut se développer avec l’injustice érigée en système de justice. Les maliens ne croient plus en la justice. Boubou CISSE en nommant le ministre Malick SIDIBE a suscité beaucoup d’espoirs. Quelques coups d’éclats ont suffi à construire une réputation au ministre de la justice. On peut se demander pourquoi il ne s’est pas saisi des dossiers déjà prêts. Le bureau du vérificateur génal a fait le boulot pour lui permettre de gagner du temps. Il lui aurait suffit avec l’aide de son premier ministre de mettre le nez dans les dossiers de malversations astronomiques avant la prescription des faits.

Comment se fait-il que Malick SIDIBE et Boubou CISSE ne creusent pas plus que ça dans le honteux dossier gênant de l’acquisition de matériel de guerre non productifs ?

Les prisons maliennes sont surpeuplées de citoyens qui attendent leurs procès. Certains sont dans l’attente depuis 3 ans. La justice malienne durant les 100 premiers jours de Boubou CISSE à la primature continue d’ouvrir des enquêtes qui n’auront jamais d’épilogue. Le massacre d’Ogossagou n’a toujours pas de coupable et c’est identique pour tous ces massacres dans les différentes régions du Mali. Dans un environnement ou l’impunité des col blancs et des terroristes est de notoriété, la justice malienne sous CISSE s’occupe en grande pompe des internautes maliens sur les réseaux sociaux. Les ambitions de la justice malienne sont insignifiantes.

S’il faut reconnaître que 100 jours ne sont pas suffisants pour juger le premier ministre, il faut admettre que sur certains aspects il avait la clé des événements. On peut citer les acquisitions frauduleuses d’équipement militaire, sa passivité face à certains corrupteurs et corrompus et même son implication dans d’autres affaires. Un ministre de l’économie qui bénéficie de l’entière confiance du président de la république ne peut pas décaisser le paiement des équipements nécessaires à la défense du territoire avec autant de légèretés. La double casquette ministre et premier ministre lui est d’ailleurs reprochée. La transparence en prend un sérieux coup dans un pays où la corruption à le sport national.

Elijah De BLA

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