Faut-il s’inquiéter des concubinages dans les cités universitaires maliennes ?

 

Loin de toute autorité parentale, beaucoup d’étudiants se livrent au concubinage dans les cités universitaires. Cette pratique est de plus en plus acceptée dans le milieu estudiantin. Pour les étudiants vivre ensemble présente quelques avantages mais est souvent cause d’échec scolaire. Au village du point G à côté de la faculté de médecine, bon nombre de couples d’étudiants vivent sous le même toit. Si cette relation est juste pour le fun pour certains, d’autres y vivent le grand amour et cela aboutit souvent même au mariage mais peut également très mal tourner.

Université rime avec liberté

La plupart des nouveaux bacheliers qui débarquent dans les campus universitaires sont des adolescents âgés de 17 à 19 ans en moyenne. Une nouvelle expérience loin du cocon familial et de tout contrôle. L’internat ne pouvant pas les accueillir tous, certains étudiants vivent dans la cité universitaire non loin des facultés. Une cité dans laquelle les étudiants n’ont de limites que celles fixées par leur conscience. C’est dans ce contexte de liberté que se forment des petits ménages en toute tranquillité.

 

L’union fait la force

L’une des raisons principales du concubinage est le manque de moyen financier. Vivre en couple permet à certains étudiants de réduire considérablement les dépenses. En se partageant les charges, chacun arrive à économiser assez pour faire face au coût cher de la vie à la cité universitaire. Même si cela arrange plus les filles vu que les garçons les prennent généralement en charge, mais ces derniers aussi bénéficient
souvent de services gratuits comme la cuisine, la lessive , le ménage etc.

Cet union libre peut souvent aboutir au mariage comme le cas de cet étudiant qu’on surnommera Aly :  Ça me gênait de vivre avec mon âme sœur sans l’épouser légalement. Ce n’est pas évident pour un pauvre étudiant de se marier mais avec le soutien des parents, je l’ai fait et Aujourd’hui moi et mon épouse arrivons à gérer le foyer et les études.

 

Échec Scolaire

La mauvaise surprise d’une grossesse non planifiée est un gros risque dans le concubinage. Si certaines filles optent pour l’avortement afin de ne pas impacter leur année scolaire ou par peur de la réaction des parents, d’autres filles assument leurs grossesses quitte à sacrifier leurs études. Lier ménage et études peut être un calvaire si l’on n’a pas les moyens et pour l’étudiante et l’étudiant aussi.

Abdourahmane Sidibé raconte :
Quand j’ai accueilli ma copine dans mon appartement, il fallait l’entretenir. Donc j’enchainais des petits boulots à côté de mes études de médecine et à l’approche des examens c’était compliqué de tenir le rythme et j’ai échoué à mon examen.

Le concubinage est un phénomène qui prend de l’ampleur dans les cités universitaires, problème d’éducation ou un excès de libération des mœurs ? A nos étudiants de ne pas oublier la raison de leurs présences à l’université et se pencher vers le mariage et l’assumer s’ils veulent
vraiment vivre ensemble.

 

Abdoussalam DICKO
Rédacteur web Freelance