Mali, 2018 et ses « in »certitudes électorales

Les éléctions 2018 au Mali, sera-t-il ou pas un tournant pour le pays. L’ensemble de la vie politique se trouve bousculée ainsi que la vie des Maliens qu’il se trouve sur le territoire nationale ou au sein de la diaspora.

Le calendrier électoral des éléctions 2018 au Mali comporte désormais les élections des conseillers des collectivités territoriales -initialement prévues le 17 décembre 2017- reportées au mois d’avril, soit moins de cinq (5) mois avant l’élection présidentielle de juillet. Un gros défi pour notre pays en termes d’organisation, de moyens techniques et financiers. Parmi les éléctions 2018 au Mali deux sont très attendues par les populations et dont les tenues suscitent beaucoup de commentaires dans le pays et en dehors. Les Maliens comptent élire à la tête de leur pays ainsi que de leur capitale (Bamako) un dirigeant intègre, travailleur et crédible. Si les enjeux ne devraient pas être les mêmes pour les populations, cependant, les partis et les acteurs politiques verraient dans les élections d’avril des indicateurs pour mesurer leurs forces ou faiblesses, préparer des alliances ou consommer des divorces et repenser les stratégies afin de ne pas passer à côté de la présidentielle. Pourtant, des incertitudes existent quant au respect de le calendrier électoral des éléctions 2018 au Mali. Le report d’élections serait en passe de sortir de l’exception. S’agit-il, pour le gouvernement, de préparer les Maliens à cette éventualité ?

Des élections 2018 au Mali pour éviter ou tomber dans le chaos ?

En 2013, il fallait, coûte que coûte, organiser des élections pour sortir d’une transition instable et encadrée par la junte militaire d’une part et, de l’autre instaurer un pouvoir « légitime », identifié et incarné. Ce scrutin fut placé sous les signes « de l’espoir », « d’un nouveau départ » ou encore « de la renaissance ». D’énormes défis attendaient le nouveau pouvoir qui allait sortir des urnes. La tenue de cette présidentielle était hautement symbolique car elle permettait de se projeter dans une nation réconciliée autour des valeurs inclusives dans une République indivisible. Donc, un début de solution aux multiples crises qui, d’ailleurs, continuent de déstabiliser le Mali.

Par contre en ce qui concerne les éléctions 2018 au Mali, la présidentielle fait parler d’elle avant l’heure. Cela n’est pas une surprise dans nos démocraties africaines où les élections sont des périodes de tensions et de passions. Cette prochaine échéance électorale semblait si redoutée que sa tenue serait considérée comme le début d’une véritable crise politique. Plus les mois passent, plus les spéculations sur sa tenue ou son report vont bon train. Pour d’aucuns, cette élection fermerait le chapitre de leur vie politique. D’autres y verraient leur unique chance d’accéder au pouvoir suprême. Pour une toute autre catégorie, la tenue ou non de l’élection ne changerait pas grand-chose dans la mesure où la finalité de leur activité politique consisterait moins d’accéder à la magistrature suprême que de lorgner un portefeuille de ministre.

Transition politique, le festin des politiciens : éléctions 2018 au Mali

« Et si l’élection n’était pas possible en 2018. On fait quoi ? », sans prétendre répondre à cette interrogation du Dr Ousmane Sy, qui a fait l’objet d’un article sur son blog, nous tâcherons, dans le même souci d’anticiper, de prévenir et de l’approfondir. Dans la configuration politique actuelle, qui sont ces acteurs qui veulent la tenue de la présidentielle ou qui espèrent son report ou encore qui

misent sur une transition ? Leurs identités renseigneraient beaucoup sur les motivations. Suffirait-il de brandir l’insécurité pour ne pas organiser les éléctions 2018 au Mali ? La tenue de la présidentielle ne serait pas synonyme d’une sortie de crise tout comme son report risquerait de plonger le pays dans des incertitudes. L’erreur serait de faire une « sécuritisation » des élections tant il s’agit d’un problème purement politique. L’idée est de démontrer que la crise sécuritaire reste le prolongement d’un échec politique. L’environnement sécuritaire s’est fortement dégradé après la présidentielle de 2013, « Au total et en dehors des villes chef lieu de cercle ou de communes, l’administration d’Etat n’a de présence territoriale effective que sur moins de 50 % des 49 cercles du pays. Rien n’indiquent qu’une d’amélioration est envisageable à court terme », rapporte l’ancien ministre de la décentralisation. Cependant, la gestion et la résolution de la crise multiforme passe forcément par des mesures politiques crédibles et efficaces mises en oeuvre par une autorité politique légitime. Et si l’élection n’était pas possible, « …que faudra t-il faire pour éviter à notre pays une nouvelle aventure ? » demande le Dr. O. Sy. Sachant que le même pouvoir voulait organiser un référendum dans les mêmes conditions ? Aura-t-il la même volonté politique d’aller jusqu’au bout ?

Une transition dans « l’union sacrée », voilà ce que souhaite le doyen Seydou Badian. Pour un pouvoir politique qui s’apprêtait à violer la Constitution en organisant un référendum, pourquoi vouloir interrompre un ordre constitutionnel et bouleverser le fonctionnement des institutions en décrétant une transition qui de surcroît sera liée aux enjeux sécuritaires (terrorisme, trafic de drogues, prise d’otages…) sachant que le Mali n’est plus un État souverain ?

S’opposant au report sans pour autant rejeter totalement l’idée d’une transition, le Dr Oumar Mariko, député et président du parti SADI, souligne que « le régime est incapable d’organiser d’élections transparentes. » Pour celui qui incarne la figure de l’opposant éternel, « le problème qui se pose, c’est quelle alternative trouver pour le Mali. » Élection ou report, transition ou pas, quand la légitimité du pouvoir est atteinte, quand le pouvoir politique inspire méfiance, quand ses faiblesses sont exposées, vouloir changer sa nature sans questionner son fondement ne ferait qu’accentuer les incertitudes.

Que l’on vote ou pas, les éléctions 2018 au Mali nous concernent tous. Comme en 2013, l’avenir du Mali dépendra de la présidentielle de 2018. Et cette fois-ci, il ne s’agira pas d’aller aux élections pour se plier aux injonctions d’une puissance étrangère qui se disait « intraitable » mais d’organiser des élections pour préserver d’abord les fraternités et les solidarités maliennes afin que les « champs fleurissent d’espérance ».

Mahamadou Cissé

Pin It on Pinterest

%d blogueurs aiment cette page :