Smart Africa : une Afrique intelligente par l’Afrique elle même

Smart Africa : une Afrique intelligente par l’Afrique elle même.


Smart Africa, une Afrique intelligente en marche. Il est de coutumes que le malheur de l’Afrique fasse l’objet des débats publics de tout ordre. Quand l’Afrique pleure les médias s’empressent pour en faire un outil d’augmentation de leurs audiences. Mais, au fond les projets se construisent, certains dirigeants africains font des choses plus qu’intelligentes, tel est le cas du projet « Smart Africa » initié par le président Paul Kagamé en 2013 en marge du sommet « Transform Africa Summit ». « Transform Africa summit » s’oriente désormais vers les objectifs du projet « Smart Africa » axés sur la coopération panafricaine autour des questions des technologies de l’information sur la base de trois éléments : Connexion, innovation et transformation.

La technologie au centre des préoccupations ! Même si les résultats sont très lents à apparaître, c’est déjà mieux de penser ainsi. Le continent souffre des irrégularités sociales, politiques et économiques, la résolution de ces irrégularités par l’expertise étrangère les a renforcées   davantage, souvent par des mesures drastiques et non identifiées.  Lors du dernier Sommet « Transform Africa Sommit » du 9 au 11 Mai 2017 à Kigali, les débats étaient plus que passionnants, un espace de partage entre dirigeants et certains acteurs (opérateurs économiques dans le secteur des technologies de l’information, dans l’énergie, les porteurs de projets innovants etc.). En résumé, ce qui ressort de ce sommet est la résolution des problèmes actuels à l’aide des TIC qui dessinent désormais l’avenir de la nouvelle économie africaine. « La création de Smart Africa témoigne de notre détermination à mettre en place un environnement politique et réglementaire approprié qui encouragera les partenariats, l’esprit d’entreprise, la création d’emplois et le partage des connaissances. Notre déménagement vers une économie axée sur les TIC et la connaissance a pour but d’accroître la compétitivité de l’Afrique dans l’économie mondiale. Les TIC ont la capacité de niveler le terrain de jeu mondial, de débloquer le capital humain et d’exploiter tout son potentiel » (Paul Kagamé). Au-delà de son technicisme, Smart Africa nous semble être un projet communautaire avec une approche orientée vers la gestion du continent pars ses propres moyens tout en respectant son environnement et ses hommes.

Il est longuement resté sur les lèvres que le sous-développement de l’Afrique est fondamentalement lié à la non-industrialisation de son économie et à son mode de production créant des richesses inégalitaires, encourageant la corruption massive. Mais, une production massive et équitable n’est possible si tous les facteurs sont fonctionnellement intégrés. L’un de ces facteurs est la transparence et le partage d’information qui, à son tour prend en considération toutes les parties prenantes de la société. Même si les TIC ne sont pas les seules solutions parfaites, mais elles pourraient offrir de multiple possibilités dans la mise en place d’une économie inclusive et partagée. Le panel « Smart Village » lors du sommet a explicitement décortiqué les expériences de la connexion des villages aux villes par les infrastructures tant numériques que physiques (routes). Les personnes migrent des villages qui cherchent une qualité de vie améliorée, une bonne éducation, des soins de santé, l’accès à l’électricité, etc. Comme cette migration pose plusieurs défis, il faut créer des villages intelligents, en particulier en Afrique où vivent la majorité de la population. « Smart Villages » a exploré donc comment combler le fossé urbain rural c’est-à-dire par les solutions économiques, technologiques et celles liées aux installations et aux services. Cela peut être fait pour que les villages intelligents deviennent les moteurs de la transformation numérique de l’Afrique. Ce n’est pas facile mais si les engagements sont pris et respectés nous ferions des pas avancés vers ce magnifique avenir qui nous attend ! Enfin, la pensée urbaine des programmes (internes) de développement doit prendre en partie les forces majeures de la population africaine (zones rurales). D’autres concepts ont fait recette pendant le sommet tels que « Smart Energy », « Smarts Cities » etc. Soyons ingénieux et plus intègres, l’Afrique n’a personne à rattraper elle doit juste faire émerger ses modèles, prendre en main son destin et ce, par les africains. Les projets comme « Smart Africa » dans sa forme incarne une nouvelle unité africaine par les solutions intelligentes. Nous espérons qu’un jour les « Smart Medias » africains feront partie de l’objectif de ce projet. La transformation de l’Afrique est possible si seulement les africains se portent comme les principaux acteurs de cette transformation. Encore soyons ingénieux et plus intègres pour une Afrique souriante, « un seul doigt ne peut pas ramasser les cailloux » (Sagesse Bambara).


Auteur :  Maramory Niaré

Consultant Analyste

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