Sénatoriale de la Diaspora ivoirienne : La guerre ou le Lobbying des clans ?

« Aux Hommes de valeur, Ceux pour qui, l’Engagement rime avec Sacrifice » Moussa MARA

L’évaluation de la problématique de la « légitimité » à porter la voix d’une communauté ou d’un groupe n’est pas une tâche aussi aisée, surtout si nous nous trouvions dans un environnement où la vérité n’est pas le fort des acteurs. Cet environnement diasporique ivoirien entremêlé avec la politique nationale est difficile à cerner et à comprendre dans son organisation, alors que des engagements d’unions et d’unifications ont été pris à la veille du Forum de la diaspora des 7 et 8 Mai 2015. Cette dynamique naissante avec espoir de ne plus laisser les autres décider à notre place et pour nous s’amenuise à la faveur des nominations de la Représentation Sénatoriale de la Diaspora. Qui pour représenter la communauté ivoirienne de l’extérieur dans la seconde chambre ? Il s’amenuise car, les vieux démons de guerre de positionnement, de « légitimité » ou « d’illégitimité » refont surfaces. La quête de légitimité individuelle semble plus forte chez les uns et les autres, quitte à piétiner les fondements de ce qui pourrait unir cette communauté à savoir les valeurs nationales (la devise et l’Hymne Nationale.)

De quoi s’agit-il?

La représentativité de la communauté ivoirienne de l’extérieur dans la seconde chambre (Sénat). Qui faudrait-il choisir pour représenter la diaspora ivoirienne dans la seconde chambre (Senat) ? Faut-il un militant politiquement actif ou non ? Un acteur de la société civile ou économique ? Ou quelqu’un d’hybride (mi – politique, mi – société civile) ?

Cette question de représentativité de la communauté ivoirienne de l’extérieur fait couler ancres, salives et crépiter les téléphones de différents acteurs (Parrains et Marraines Politiques.)

Selon certaines informations, il y aurait plus de 500 candidats (plus de 50 de la diaspora) pour 33 nominations dont trois pour la communauté ivoirienne de l’extérieur (Afrique – Europe – Amérique). Le lobbying dans la manipulation, la médisance, les coups bas continue de faire son petit bonhomme de chemin sur les bords de la lagune ébriée. Chacun donne et reçoit les coups par canaux et acteurs interposés.

De cette guerre pourrait naître plusieurs autres questionnements :

– Les candidats connaissent-t-ils réellement le rôle d’un sénat ? Ou est-ce un moyen de s’assurer une fin de mois bien fournie ?
– Comment vont-t-ils ou envisageraient-t-ils la défense des intérêts de la Diaspora ivoirienne ?
– Comment comptent-t-ils s’y prendre pour l’implication des acteurs ?
– Quels sont ou seraient les critères de nominations des 33 Sénateurs ?
– Le Président Ouattara va-t-il respecter les dispositions de l’article 87 de la Constitution ou nommer sous la pression de lobbies?

Ces questions semblent importantes pour permettre la bonne implication et organisation de la diaspora ivoirienne. De ce qui précède, et pour éviter que cette communauté déjà plongée et plombée par les querelles, les divisions politiques souvent tribales, communautaires ne soit davantage divisée, les autorités gagneraient à privilégier l’intérêt général que celui de lobbies ou de groupuscules en manque de publicité, de visibilité ou de positionnement.

En tout état de cause, la question de la représentativité est et demeure un enjeu de tous les temps notamment sur la place parisienne qui représenterait plus de 60% des ivoiriens de l’extérieur.

La diaspora se doit de s’investir


La diaspora ivoirienne regorge de Femmes et d’Hommes de valeurs. Elle gagnerait à prendre ses responsabilités pour proposer au moins six soient deux par région (Afrique – Europe – Amérique) et ne devrait plus se laisser marginaliser dans des guerres de personnes, de positionnement et de défenses d’intérêts personnels et égoïstes. Elle doit s’auto-organiser afin d’éviter que les autres ne décident à sa place. Comme le dit l’adage, « tout ce qui se décide pour toi sans toi est forcément contre toi ». Il est temps que chacun et chacune sorte de sa petite zone de confort pour penser collectif.

La Constitution donne une occasion unique aux Ivoiriens de l’extérieur de montrer sa maturité et confirmer sa responsabilité dans la consolidation de l’union sacrée et la cohésion nationale tant recherchées. L’unanimité n’existant pas, la seule volonté qui devrait guider le choix du représentant de la diaspora ivoirienne au Sénat devrait être la seule volonté de cohésion sociale et de l‘intérêt général.

Pour cette nation qui a tant souffert, chaque membre de la diaspora ivoirienne devrait faire le sacrifice ultime de tendre la main à l’autre pour qu’ensemble, dans le respect des diversités pour relever le pays et contribuer à la consolidation de la paix, la réconciliation et devenir ainsi de vrais acteurs de développement inclusif pour l’épanouissement de toutes et de tous. La désignation du Représentant au Sénat ne saurait être un moment d’approfondissement de la division des ivoiriens de l’extérieur, mais, un moyen de leur organisation.

BAMBA Lassina

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