Enlèvement de Paul BORO: quand le camp IBK donne un coup de pouce à l’opposition

Paul BORO
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Paul BORO, proche de l’opposant Soumaila CISSE enlevé hier nuit

Paul BORO, vice-président du Mouvement Mali KANU et proche du contestataire Soumaila CISSE vent d’être arrêté à son domicile à Koulouba dans la nuit du 26 au 27 Aout. Transfuse de la majorité présidentielle, Paul BORO a rejoint l’opposition. Il faut employer le terme d’enlèvement pour qualifier les méthodes employées par le commando qui a mis aux arrêts Paul BORO. Plusieurs sources avancent une dizaine de personnes cagoulées à bord de plusieurs véhicules.

Stratégiquement, cette arrestation de Paul BORO est une aide à l’opposition.

Si l’opposition qui conteste depuis l’entre-deux tours les résultats de l’élection présidentielle peinait à rassembler comme à l’époque de la plateforme AN TE A BANA, cet enlèvement est un coup de pouce qui lui profite et à son entreprise de contestation.

Depuis la proclamation des résultats, la position de l’opposition est nette, celle de ne pas reconnaitre les résultats proclamés puis validées par la cour constitutionnelle. Le président sortant IBK quant à lui prône un mixte de la carotte de du bâton. Dans une allocution, il a menacé tous ceux qui ne respecteront pas les institutions de la république. Lors de son séjour à Nouakchott, il demandé à l’opposant Soumaila CISSE de tenir sa main tendue pour la paix des maliens. On ne peut pas dire que cet enlèvement va dans le sens de la seconde offre. C’est plutôt dans la logique du premier discours.

Le timing est très mal choisi et ça ne risque pas d’arranger les choses.

L’opposition vient de conclure deux mobilisations de contestation des résultats proclamés de l’élection avec des slogans très explicites au Mali et dans les diasporas. “IBK voleur” est la chanson qui tourne en boucle dans les QG de l’opposition. La faible mobilisation pour ces élections est un critère de fragilité du vainqueur. Rappelons que moins de 3 millions de maliens ont voté. Le soutien de la partie extrême nord du Mali pour le candidat IBK ne passe pas très bien. Faire profil bas aurait été plus judicieux pour le camp présidentiel.

Dans ce type de crise post électoral, l’intimidation est un classique dans les premières semaines. La paranoïa va jusqu’à des accusations de coup d’état avec son lot d’arrestations. Nous n’en sommes pas encore aux accusations de putschs mais tout reste possible dans une logique d’intoxication. La guerre de la communication va atteindre des niveaux bas jamais creusés.

Ce type d’évènement peut fédérer les maliens contre IBK qui emploi la démesure contre un citoyen maliens alors qu’il dorlote les rebelles armés dans le même temps.

Son rapprochement avec la Mauritanie clairement base arrière du MNLA puis de la CMA reste inexpliqué. Le deux poids deux mesures en la matière a caractérisé tout le premier mandat. Outre l’incapacité à éradiquer l’insécurité, le flirt avec ses auteurs est très mal perçu par les maliens. Employer autant de force pour interpeller un malien non violent est une erreur qui peut coûter cher au camp IBK. Si l’opposition est stratège, elle va exploiter cet événement à son profit.

L’annonce officielle du gouvernement au sujet de cet enlèvement nous donnera plus d’informations sur le motif de ce coup de force. Connu pour la non maîtrise de la communication, l’attente peut durer.

Elijah de BLA

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