Mali: une diplomatie sanitaire dans la mendicité absolue

Cheick Mouctary Diarra
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L’ex ambassadeur du Mali en France Cheick Mouctary DIARRA et François HOLLANDE

De Alpha Omar Konaré à IBK, le Mali a opté pour une diplomatie sanitaire dans la mendicité. Des diplomates sont nommés en fonction de leurs pathologies. Les grands malades sont nommés en France, les moyennes pathologies vont en Tunisie et au Maroc. Les cadres qui subissent une punition se retrouvent en Russie. Pour les autres, le hasard et les malentendus décident qui va où.
La ministre Kamissa CAMARA arrive à la tête d’une administration particulièrement figée dans le temps et dans l’espace. Les ambassadeurs ont pour beaucoup l’âge de ses parents et au Mali cela peut modifier la donne. Un ambassadeur de 75 ans pourrait avoir l’audace d’appeler la ministre « ma fille ». Cela devient plus vrai lorsque l’ambassadeur ne doit sa nomination qu’au seul président de la république. Malgré le back ground de Kamissa CAMARA, une seule personne bourrée de talents soit-elle ne peut insuffler une nouvelle culture à autant de mondes formés dans un moule d’un autre temps. Si Kamissa CAMARA reste droite dans ses bottes, il y’a des chances de voir un remake du cas Tatam LY qui a finit par démissionner. Les ambassadeurs immobiles et inoffensifs sont les plus nombreux dans les chancelleries maliennes. Ils ne prennent aucune initiative même si c’est dans leurs prérogatives. A côté de ça, le président IBK n’est pas une bonne impulsion de la culture du travail.
Pour citer des exemples, le cas de la France est édifiant. L’ambassadeur Sidiki Touré en fonction au moment du déclenchement de la crise du nord du Mali en 2012 n’a jamais tenté de faire peser de son poids de plénipotentiaire dans les débats. La France étant devenue le centre de gravité de la crise malienne où les pires complots et propos étaient tenus à longueur de journée sur les medias, nous n’avons jamais vu l’ambassadeur s’exprimer. Faire du lobbying n’était pas dans sa mission.

Nous n’avons jamais vu un diplomate malien prendre publiquement la parole ni accorder une interview à un grand média pour répandre la position officielle de l’état du Mali.

Pendant ce temps, l’ardoise des soins à l’étranger des cadres maliens s’est alourdie. Il n’y a jamais eu de rupture dans l’utilisation des privilèges qu’offrent le haut niveau pour se faire soigner en France. Les cadres d’un pays dit souverain affichent leur goût immodéré pour le tourisme médical. Bienvenus au Mali ou du moins dans ce qui représente la crème de sa diplomatie.
Quand Ibrahim Boubacar KEITA fût élu en 2013, il a changé d’ambassadeur en France. Cheick Mouctary DIARRA est devenu le nouvel ambassadeur. Plus âgé que IBK lui-même, DIARRA était un monument vivant. Monument car il était juste décoratif et vivant car il respirait. Voilà toute la description de ce vieux diplomate que le président IBK est allé réveiller de sa retraite. DIARRA n’a jamais été à la hauteur de la mission par compte lui aussi a fait prospérer les hôpitaux français qui offrent l’un des meilleurs services sanitaires au monde.

L’ardoise des soins à l’étranger de l’administration malienne continua de s’envoler. Le meilleur client des hôpitaux français venant du Mali est le premier des maliens.

IBK est un consommateur compulsif des soins à l’étranger. La diplomatie malienne est à son image même s’il n’est pas l’initiateur du fait. Même si les chiffres concernant la dette du Mali envers les hôpitaux français n’ont pas filtré, on a une indication avec celles des pays du Maghreb qui ont pourtant des infrastructures hospitalières.
Toumani Djimé DIALLO est le nouveau locataire du 89 Rue du Cherche-Midi, 75006 Paris depuis plus d’un an. Il est tôt pour le juger sur le lobbying qu’on attend de la diplomatie malienne en général et celle de Paris en particulier. Cela dit, au Mali on ne change pas une équipe qui perd. L’espoir de voir Mr DIALLO faire différemment de ses prédécesseurs est mince. La matrice qui l’a produit est verrouillée depuis Koulouba et la clé est détenue par IBK lui-même, l’immobilité faite homme. Il y’a quelques semaines de cela, selon un communiqué de l’ambassade du Mali en France, une négociation serait en cours avec la compagnie Air France pour mettre à la disposition du personnel diplomatique des billets à tarif préférentiel. Le culte d’une caste à une espérance de vie très longue. La culture de voyageur des maliens est connue au-delà de nos frontières, un lobbying pour plus de respects et de confort aurait eu beaucoup plus d’intérêts que ce minimalisme diplomatique. Le Mali avait le choix entre la diplomatie sanitaire dans la mendicité et la diplomatie économique, industrielle, universitaire, sportive etc…

Des hommes et des femmes auraient dû avoir pour mission de rendre le Mali compétitif à travers des transferts compétences industrielles, des coopérations solides avec des pays pour la mise en place d’un système universitaire propre au Mali en adéquation avec nos besoins.

Nous aurions pu former davantage de spécialistes en médecine à travers un ciblage de notre coopération avec les pays ouverts à ce type de collaboration. Notre diplomatie doit faire en sorte que nos besoins trouvent une réponse dans le reste du monde tout en concervant notre dignité. Des pays moins expressifs en matière de politique interne des autres devraient être nos partenaires stratégiques dans la formation, dans le transfert de compétences et dans la manufacture. L’inde et la Turquie, pour ne citer que ceux-ci sont des pays qui peuvent être intéressés par les opportunités qu’offre le Mali dans un rapport gagnant-gagnant.
Les investissements directs à l’étranger (IDE) sont très faibles au Mali. La manufacture y est à l’état sauvage. Tout le monde peut importer ce qu’il veut au Mali sans barrière sanitaire ni juridique. Le Mali n’exporte pas de produits manufacturés vendus en grande surface en Europe. Les quelques tentatives sont destinées à la diaspora qui n’accepte pas d’y mettre le prix élevé.
Par ailleurs le tourisme malien et l’art malien ne sont pas vendus à travers un lobbying marketing. Ce ne sont pas les quelques réceptions entre les murs des chancelleries qui changeront quelque chose. La diplomatie malienne doit afficher le Mali en haut sur les plateaux télés, dans les magazines, sur les affiches dans les lieux publics etc…

La destination Mali est méconnue, le potentiel malien est confidentiel or les chancelleries ont toutes les clés pour la vulgariser. La diplomatie malienne n’a pas la culture de l’exposition du Mali.

Elle est handicapée sur le chantier des coopérations qui ramènent au Mali ce qu’il y’ a de plus beau ailleurs. On se demande pourquoi des hommes et des femmes présentent des lettres de créance au nom du Mali ? Et on se demande ce que le président dont relève ce vaste département attend d’eux ? Nos diplomates sont éduqués pour ne pas faire de vague tout en espérant que le Mali continuera à recevoir des aides, des prêts et des dons. Le mots DON ne suscite aucune gêne. ils ne jurent que par « nos partenaires » mais personne ne jure par eux.
Parmi la caste de diplomates et d’ambassadeurs, certains sont animés d’un bon esprit et d’une bonne volonté mais il ont des boulets attachés aux pieds. Ces boulets portent un nom: la vision du président de la république.
L’âge des ambassadeurs est un autre sujet. Les trois derniers nommés en France font monter la moyenne d’âge des maliens de France. Ce n’est ni bien ni mauvais mais les résultats obtenus font que les maliens cherchent la corrélation entre âge et résultats.
A Kamissa CAMARA de jouer sa partition

Elijah de BLA

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