L’image de la femme noire dans la pornographie jusqu’aujourd’hui se résume essentiellement aux fantasmes coloniaux. L’image de la femme noire dans la pornographie se traduit tout simplement par la fétichisation des personnes noires par les personnes blanches. Un constat qui tombe sous le sens, car la production pornographique africaine ou de la diaspora est presque inexistante.

L’image de la femme noire dans la pornographie jusqu’aujourd’hui se résume essentiellement aux fantasmes coloniaux

Les chiffres

En 2016, c’est 92 milliards de vidéos qui ont été visionnées sur PornHub soit 4,6 milliards d’heures de vidéos regardées. Un classement des 20 pays où la fréquentation est la plus importante place l’Afrique du Sud en 20e position. Il s’agit de l’unique pays africain représenté. Les premiers sont les USA, l’Angleterre et le Canada. Cela explique une faible représentation des femmes noires et celle-ci est assignée aux stéréotypes dont elles souffrent depuis des siècles. En terme de rémunération, la différence est aussi notable.
L’acteur afro américain Lexington Steele, fait état de la différence de rémunération. Pour une scène homme-femme sans sexe anal, l’industrie fixe la rémunération d’une femme à partir de 800$/900$. Une femme blanche peut négocier 800$ et plus. Mais les tarifs d’une femme noire commenceront à 500$ et n’excèderont pas 800$.

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L’industrie de la pornographie est raciste

L’image de la femme noire dans la pornographie est clairement influencée par le racisme. Et de même pour les tarifs, les différences énoncées plus haut se justifient par le racisme. L’industrie pornographique n’est que le reflet de notre société. Le racisme est nié par l’exception que représente les quelques acteurs/actrices noir(es) qui ont réussi. Mais la réalité est telle qu’ils représentent une minorité. Celle-ci cantonnée à une image dégradante comme dans les autres sphères de la société. Les actrices noires sont souvent limitées au style “gonzo”.
Il s’agit d’une catégorie pornographique développée dans les années 90 où le plus souvent la caméra est portée par les acteurs et le scénario presque inexistant. Il peut être dangereux, peu flatteur et sans aucun glamour. Par ailleurs le gonzo où figure les femmes noires est remplis des clichés remontant à l’époque coloniale. Par exemple dans le gonzo classique les femmes blanches sont interpellées par les thèmes ‘salopes’, ‘putes’ etc. Mais les femmes noires ont droit à ‘pute renoie du ghetto’.

L’image de la femme noire dans la pornographie est clairement influencée par le racisme

L’image de la femme noire dans la pornographie comme dans la société est « exotisée », érotisée, et animalisée. Des pratiques qui leur enlèvent toute humanité, comme l’illustre le descriptif des vidéos comportant des termes comme ‘féline’, ‘sauvage’ ou ‘animale’.

Un grand travaille reste à faire pour changer l’image de la femme noire dans la pornographie et les autres sphères de la société.

Sisi Abeni, correspondante à Lagos

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