Présidentielle au Mali : le candidat des artistes aurait dû être « la défense des droits d’auteur »

Iba one
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Les artistes maliens et le soutien politique

Les artistes maliens ont beaucoup fait parler d’eux lors de la campagne présidentielle malienne.

Ils ont souvent tenu la rubrique des déceptions. Chaque fois que l’un des artistes maliens a officialisé son soutien à un candidat, il a divisé son public. Si une partie du public approuve tout ce que fait sa star, une autre partie plus réfléchie désapprouve l’utilisation de l’influence artistique au profit d’une mission politique et lucrative.

On peut comprendre ces jugements subjectifs qu’on pourrait faire de ces engagements de dernières minutes des artistes maliens influenceurs auprès de nos politiques. Cependant, une autre lecture existe. Elle est inscrite dans une solution durable et viable de la carrière des artistes maliens musiciens et comédiens.

Si vous faites un tour sur les réseaux sociaux, vous constaterez l’influence d’artistes comme Iba ONE, Sidiki DIABATÉ ou Petit GUIMBA. Ces artistes maliens sont mieux organisés et plus suivis que les dirigeants politiques. Les seules personnes qui ignorent cette influence sont ces artistes eux-mêmes. Ceux qui ont tout compris sont les partis politiques et leurs candidats.

Il faut dire que nombreux artistes maliens ont été approchés puis démarchés par les poids lourds de l’arène politique malienne.

Le plus illustre d’entre eux, Salif KEITA a répondu à l’appel des sirènes de l’URD. Dès lors que Salif KEITA a apporté son soutien à Soumaila CISSE, il devient logique pour les autres qui ont moins d’envergure de résister. Ia ONE, GASPI, Tal B, Petit GUIMBA et nombreux autres jeunes artistes ont suivi IBK divisant leurs publics.

Gaspi a soutenu IBK
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Des artistes maliens tels Gaspi ont soutenu IBK à l’élection présidentielle

Les artistes maliens ont raté une occasion en or d’imposer aux futures responsables la prise en compte de leurs statuts. Être artiste en 2018 au Mali est synonyme d’exposition médiatique et d’absence de revenus conséquents. La vente d’album et de single ne rapporte rien au Mali. Les radios, les lieux publiques et les médias qui utilisent l’image et la création intellectuelle de nos artistes ne leur reversent rien. Le piratage intellectuel qui empêche tout épanouissement économique de nos artistes n’est ni surveillé ni puni. Le bureau malien des droits d’auteur est la structure chargée de protéger et payer les droits d’auteur (BUMDA). Elle demeure méconnue des acteurs et du public. Combien le BUMDA verse en totalité en droits par an aux artistes? La réponse à cette question donnerait une indication définitive sur ce qui aurait dû être le combat des artistes pendant la campagne électorale.

Les artistes maliens toutes catégories confondues sont victimes de ces fléaux. Ces fléaux auraient dû les réunir autour d’un seul et même candidat à savoir « la défense des droits d’auteur ».

Hormis ces questions de défaut de cadre législatif et sécuritaire de l’environnement artistique, les artistes maliens seraient des princes sur leurs terres. Nous sommes loin du compte aujourd’hui. En dehors des concerts et spectacles, les créations artistiques ne sont pas valorisées. Elles ne nourrissent pas les auteurs. Tous rêvent de l’Europe pour monnayer leurs talents.

Dans les propositions des candidats à la présidentielle malienne, il n’y a presque pas eu de débat autour de la valorisation des créations artistiques matérielles et immatérielles. Le cas de la plateforme de streaming YouTube est édifiante. En effet, les chaînes YouTube rapportent beaucoup si la monétisation est activée dans le pays de résidence.

Le Mali ne fait pas partie des pays éligibles pour le partenariat et donc la monétisation YouTube.

La liste des pays éligibles au partenariat YouTube

en Afrique indique l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Zimbabwe et le Nigéria.

Les artistes maliens
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La monétisation YouTube pourrait être une solution pour les artistes maliens

Les artistes maliens ont-ils exigés que les autorités maliennes crédibilisent l’espace malien afin que les artistes maliens résidants au Mali puissent monétiser leurs œuvres sur des plateformes comme YouTube?

Evitons de tourner autour du pot.

Les artistes maliens sont contraints de se vendre au plus offrant en période électorale car la politique n’a pas réussi à créer le marché économique saint qui leur sied.

Il est dit que « celui qui vous achète vous vendra ». Françoise WASSERVOGEL.

Si ces élections ont manqué de débats axés sur les demandes profondes des maliens, les artistes maliens ont manqué une occasion d’exposer leurs doléances et le réclamer les clés pour leur avenir. En acceptant des cachets occultes, ils ont fait dans le court-termisme absolu.

Elijah De BLA

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