Ces étrangers qui s’enrichissent en Afrique: La communauté indo-pakistanaise

 

L’Afrique est une terre d’accueil, c’est étonnant compte-tenu de ce que l’actualité nous montre mais ça reste pourtant vrai. L’Afrique a toujours été une terre d’immigration où des populations pauvres sont venues s’installer. Que ce soit les familles européennes présentes depuis de nombreuses générations, la communauté indo-pakistanaise ou encore libanaise, l’Afrique a toujours été accueillante.

 

Une série d’articles sera consacrée à ces immigrés en terre africaine, le premier volet est consacré à la communauté indo-pakistanaise. Cette communauté est méconnue des francophones et Ouest-africains car elle vit essentiellement dans les pays anglophones situés dans la partie orientale du continent (partie Est et Sud de l’Afrique) et une petite minorité à l’Ile Maurice, de Madagascar et la Réunion.

 

En 1860 après l’abolition de l’esclavage, l’empire britannique  fait face à une pénurie de main d’œuvre, elle fait donc venir de sa colonie Indienne des dizaines de milliers de travailleurs sous contrat (originaire du Nord-ouest-est de l’Inde & sud-est du Pakistan) pour travailler dans les champs et les mines pendant 5 ans. Ils décidèrent ensuite de rester. Ils étaient appelés « coolie » terme péjoratif signifiant porteur, travailleur et également utilisé pour désigner les Indiens partis travailler au même moment dans les Antilles Françaises. Les conditions de vie de ces travailleurs étaient proches de l’esclavage, ils étaient privés de tous droits civiques et du travail.

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Les travailleurs sous-contrat
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Les travailleurs sous-contrat ramenés en Afrique

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Les travailleurs sous-contrat ramenés en Afrique

Leur nombre n’a pas cessé d’augmenter jusqu’aux indépendances, on les chiffrait à 100 000 en 1930 dans toute l’Afrique orientale, puis 300 000 vers 1950 pour atteindre 400 000 en 1962 soit 20% de la population urbaine de ces pays. De même pour Maurice avec aujourd’hui une population d’environ 66%.  La France a également eu recours à ce procédé pour faire face à la baisse de main d’œuvre après l’abolition de l’esclavage. A Madagascar où ils sont appelés « karana » (terme également péjoratif) et à la Réunion où ils son appelés « malbars » ils ont toujours été qu’une poignée.

 

Ces pays étant alors sous la domination coloniale, leur système économique et social répondait aux critères définis par les Européens. La division du travail répondait à une division ethnique et communautaire correspondant clairement à une hiérarchisation et une séparation raciale. En haut de cette organisation se trouvait les Européens. Ils avaient un monopole dans les fonctions d’administrations et d’exploitations agro-exportatrices (thé, café, coton etc.). Ensuite on trouvait la communauté indo-pakistanaise, qui a bénéficié d’un statut intermédiaire, en exerçant à la fois des fonctions commerciales et administratives et de production secondaire artisanale et industrielle. Tandis que les noirs, propriétaires du pays ont été relégués aux bancs de leur propre société en ne pouvant exercer que les tâches de production vivrière, de services subalternes et d’auxiliaires de l’agriculture marchande.
Ce système très proche de l’apartheid de l’Afrique du Sud ou de l’indigénat pratiqué dans les colonies françaises était destiné à créer et maintenir une complémentarité et une non-concurrence inter-communautaire. Avec également une séparation sociale et physique (ségrégation résidentielle, scolaire et stricte endogamie). Ce système permit aux Européens une domination économique et politique totale immédiate. Quant  à la communauté indo-pakistanaise cela lui permit de bâtir les bases de sa puissance économique future, dont elle jouit pleinement aujourd’hui.

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Un commerçant indien
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Un commerçant indo en Afrique

 

C’est ainsi qu’après l’esclavage qui vida l’Afrique de son élite, ensuite la colonisation qui mit à terre ceux restés, le néocolonialisme sonna le glas d’un éventuel essor économique des Africains.

Comment une communauté peut-elle accéder aux meilleurs emplois et constituer une classe dominante lorsqu’elle est tenue à l’écart de la direction de son propre pays, des meilleures formations et des postes clés. A tors les Africains se disent souvent incapables d’accéder à la richesse économique sans passer par la corruption ou le clientélisme. Mais la vérité est de constater que les handicaps dont souffrent les Africains chez eux sont aussi terribles si ce n’est pires que ce qu’ils vivent à l’étranger. Le colonialisme et le néo-colonialisme ont été les terreaux de la situation désastreuse dans laquelle se trouve l’Afrique aujourd’hui.

Les Européens ont parfaitement rempli leur mission de créer et préserver pour les leurs  un environnement économique favorable en Afrique et de faire de l’Afrique un « enfer sur terre pour les Africains »

.

Les Indiens n’ont eu qu’à profiter de cet environnement nettement plus favorable que celui qui leur était proposé dans leur pays, la ségrégation étant ancestrale en Inde à travers le système de castes. Pas étonnant donc qu’ils ne voulaient plus rentrer au pays. Et puis les Africains sont tellement « accueillants », dépourvu de comportements ou d’idées racistes, l’environnement humain leur était également propice. Sans aucune surprise, les plus grandes fortunes d’Afrique orientale et australe sont partagées au sein de la communauté blanche et indo-pakistanaise, rare sont les africains fortunés. Par exemple le milliardaire Sudhir Ruparelia (fondateur du Groupe Ruparelia spécialisé dans les banques et assurances) originaire d’Ouganda, le milliardaire Mohammed Dewji  originaire de Tanzanie (fondateur du groupe METL spécialisé dans le commerce et la finance) ou encore le multimillionnaire Atul Shah d’origine kenyane (fondateur de Nakumatt l’une des plus grandes chaines de supermarché de la région des grands lacs). La position qui leur a été accordée par l’empire colonial et l’accueil chaleureux des Africains a contribué à cette réussite (flamboyante pour certains) pour beaucoup d’entre eux.
Mais les choses n’ont pas été toujours roses. En Afrique du Sud, ils ont aussi été victimes de l’apartheid au même titre que les noirs. Aujourd’hui certains se disent victimes du «  Black Economic Empowerment » (discrimination positive) destinée à favoriser l’émancipation économique de la population noire. En Ouganda ils ont  vécu une période très difficile dans les années 1970 par le gouvernement d’Idi Amin où ils ont été expulsés du pays et déposséder de leurs biens.
Aujourd’hui cette communauté est constituée de 1 454 000 personnes (100 000 au Kenya, 65 000 en Tanzanie, 15 000 en Ouganda et  1 274 000 en Afrique du Sud) où ils vivent essentiellement dans les grandes métropoles (Nairobi, Mombasa, Dar es Salam, Durban). Ils dominent aujourd’hui environ 80 % des branches industrielles (agro-alimentaire, textile, métallurgie, pharmacie, matières plastiques, papeterie et emballage, chimie, etc.), une partie croissante de l’agro-exportation (primeurs et horticulture), du tourisme et de l’hôtellerie, 50 % des banques et de l’assurance, l’essentiel du commerce de gros et de détail, une fraction très importante des activités immobilières et des professions libérales. Dans les entreprises contrôlées par les Indiens, le recrutement s’opère sur des bases familiales et communautaires, le personnel africain étant, sauf exception, cantonné dans des postes subalternes. Du côté des îles francophones c’est identique, par exemple à Madagascar ils ne sont que 20 000 sur une population de 17 millions mais ce sont est eux qui font tourner l’économie du pays. L’Inde est dorénavant pour la plupart qu’un lieu de pèlerinage, beaucoup ne parlent plus les langues indiennes mais les langues africaines et ne souhaitent pas quitter l’Afrique.

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 sudhir-ruparelia, Indo-pakistanais d'origine Ougandaise à la tête du group Ruparelia
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sudhir-ruparelia, Indo-pakistanais d’origine Ougandaise à la tête du group Ruparelia en Afrique

 

Il serait juste que les peuples que les Africains accueillent chaleureusement chez eux puissent leur renvoyer l’ascenseur. Les Africains s’expatrient aussi et notamment en Inde, la logique voudrait qu’il bénéficie du même traitement et qu’il puisse accéder à la même réussite économique. Mais la réciprocité n’est pas au programme de l’Afrique avec le reste du monde.

 

Sisi Adouni,
stagiaire

 

Sources:
les indiens de Maurice : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_Maurice
les indiens de Mada :
http://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/la-minorite-indienne-de-madagascar,19545
les indiens de mada, puissance économique :
http://www.la-croix.com/Archives/2009-08-26/Dossier.-Les-Indiens-regnent-sur-le-commerce-a-Madagascar-_NP_-2009-08-26-352114

origines, nombres, dates, histoire :
http://www1.rfi.fr/actufr/articles/112/article_80260.asp

chiffres & histoire :
http://swades.over-blog.com/article-l-inde-en-afrique-du-sud-52457541.html

leur situation actuelle :
http://www.liberation.fr/planete/2001/09/03/les-indiens-sud-africains-oublies-de-l-apres-apartheid_375724
indiens et pakistanais du Kenya, ouganda & Tanzanie, poids économique
§11 : https://transcontinentales.revues.org/788
le retour ds Indiens en Ouganda, p2 expulsion des Indiens en 70′,
restitution des biens dans les années 80 :
http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/076076.pdf
[1]20 mai assasinat d’un congolais en Inde, fin janvier une tanzanienne
et ses amis agressés, 2013 un Nigérian tué, :
http://www.jeuneafrique.com/327530/societe/inde-professeur-congolais-tue-a-coups-de-pierre-a-new-delhi/

racisme même avec indiens du nord, fascination pour la peau blanche :
http://www.rfi.fr/hebdo/20141010-inde-agression-racisme-africains-delhi-metro
visite du président Indien en CIV :
http://www.afrique-sur7.fr/25631/cote-divoire-president-indien-pranab-mukherjee-perce-precarre-francais/

[2]

Links:
——
[1] http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/076076.pdf
[2] https://transcontinentales.revues.org/788

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