Election Présidentielle 2018 : la cour constitutionnelle peut reporter la date du 29 Juillet

L’élection présidentielle malienne du 29 Juillet 2018 est dans les « starting block ». Nous sommes à moins de trois semaines. Sauf cataclysme, presque huit millions d’électeurs devraient choisir le 29 Juillet celui qu’ils estiment être à la hauteur des défis du Mali.
Pour organiser des élections nationales il faut un territoire, un peuple, la paix et une volonté d’organiser ces élections. Le doute persiste sur le caractère réel de chacun de ces critères. Le contrôle du territoire échappe à l’administration, c’est un fait et pas une pensée. Des conflits communautaires fissurent le tissus national et fragilise son caractère unitaire. La paix s’est éloignée du Mali depuis la naissance d’un groupe pro Touareg mi terroriste mi rebelle. Il nous reste la volonté d’organiser ces élections par l’administration du président Ibrahim Boubacar KEITA. Là aussi il y’a à boire et à manger si nous fouillons dans les comportements qui sont ceux de l’administration malienne.

Des nouvelles cartes d’électeur à trois mois de l’échéance

Une élection présidentielle se prépare or l’administration malienne semble espérer un report. Le dernier premier ministre du premier mandat du président Ibrahim Boubacar KEITA en la personne de Soumeilou Boubèye MAIGA a pris tout le monde de cours. En annonçant non pas à la télévision malienne lors d’une allocution dédiée mais sur un média étranger que de nouvelles cartes d’électeurs entreraient en vigueur pour les élections présidentielles, il a voulu faire réagir l’opposition. L’effet escompté n’a cependant jamais été atteint puisqu’il recherchait était un recours au report émanant de l’opposition.

En dix ans l’administration malienne qui a eu en son sein le même Soumeilou Boubèye MAIGA n’a pas réussi à délivrer une carte NINA à chaque malien.

Si En moins de deux mois elle parvient à distribuer huit millions de cartes d’électeurs aux maliens, il faudra se poser des questions. Que faisait-elle pendant ces dix ans qui ont vu les maliens humiliés dans monde pour défaut de documents administratifs maliens. Pour faire court, il est impossible de distribuer les cartes d’électeurs avant le 29 Juillet. L’opposition le sait tout comme le camp présidentiel mais personne ne veut porter le chapeau d’un report synonyme d’aventure. Dans ces mêmes dispositions, aucun parti engagé n’est sûr de la tenue du premier tour des élections présidentielles le 29 Juillet 2018. En OFF, certains candidats majeurs expriment clairement un scepticisme au sujet de la tenue de ces élections. Ils évoquent l’impréparation, l’incapacité de l’administration à tenir les élections partout et surtout la fluctuation de la carte électorale des localités pouvant abriter le vote.

En effet le président Ibrahim Boubacar KEITA et son entourage espéraient un coup de pouce de la part l’opposition.

IBK souhaitait que les partis de l’opposition manifestent une volonté de voir les élections se tenir sur l’ensemble du territoire malien. Toute chose impossible à réaliser à court terme et qui donnerait au président sortant IBK les motifs valables pour repousser les échéances. L’opposition aurait pu jouer la carte de la plate-forme Anté A Bana mais cela ne fait l’affaire de personne en particulier.

L'article 33 de la constitution malienne
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L’article 33 de la constitution malienne évoquant l’élection présidentielle

L’article 33 de la Constitution malienne est le parachute du président sortant

Si nombreux acteurs de la scène politique malienne émettent un doute sur le respect de la date des élections présidentielles, très peu ont connaissance du cadre légal qu’offre le texte sacré qu’est la constitution malienne. En effet l’article 33 de la constitution malienne prévoit le report de la date des élections présidentielles sans préciser la durée de ce report. Si l’un des candidats en course évoque un empêchement avant le premier tour, la cour constitutionnelle peut décider du report de la date des élections. Va-t-on vivre ce cas de figure ? Seul le niveau d’avancement de l’administration malienne dans le travail électoral pourra nous le dire. D’ici le 29 Juillet, l’insécurité et/ou la sécurité peuvent faire varier la carte électorale. Certaines localités peuvent disparaitre de la carte électorale au fur et à mesure que nous approcherons la date fatidique. Si l’un des candidats évoque la maladie par exemple, ce sera un motif suffisant pour la cour constitutionnelle pour reporter la date des élections présidentielles.

Le CV du président IBK n’est pas très fourni d’expériences en organisation d’élection

Le président IBK en campagne électorale
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Le président IBK en campagne électorale pour la présidentielle


Si nous recherchons des faits d’arme en matière d’organisation d’élection, le curriculum vitae du président IBK n’est pas très compétitif comparé à ses prédécesseurs. Il n’a pas réussi à organiser toutes les élections prévues pendant son mandat. On peut douter de sa volonté d’organiser celle qui le concerne directement. Certains peuvent s’interroger sur l’intérêt que révèle pour IBK le report des élections. Le contexte ne lui est pas favorable. En y mettant la forme, il peut repousser les échéances sur une période indéterminée sans déclencher le processus de la transition que personne ne souhaite. IBK n’étant pas sûr de remporter les élections, cette option devient sérieuse. l’article 33 de la constitution dit clairement « Si avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve empêché, la Cour Constitutionnelle prononce le report de l’élection. »
L’article 33 de la Constitution malienne peut être le dernier rempart du président face à ce qui pourrait sonner la fin des privilèges liés au fait d’avoir pour adresse celle du palais de Koulouba. L’article 33 de la constitution ne fait pas cas d’une transition politique en cas de report. L’épée de Damoclès sur la tête des malien réside dans cet article.

Elijah De BLA

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