Deux personnalités du football français sont dans une tourmente judiciaire. Karim Benzema, attaquant du Real de Madrid, a été mis en examen pour complicité de chantage dans l’affaire de la « sextape ». Le second Michel Platini, Président de l’UEFA a été condamné et suspendu à toutes activités liées aux football pour 8 ans, on lui reproche une gestion déloyale et un conflit d’intérêt pour avoir  reçu un versement 1,8 million € de Sepp Blatter qui ne repose sur aucune base juridique ( ce qui ressemble à un pot de vin).

Cependant, bien que les deux acteurs plongent le football français dans de nouveaux scandales, ils ne bénéficient pas du même traitement de faveur de l’opinion publique, des médias et des politiques.
Karim Benzema n’a pas encore été condamné, il devrait donc bénéficier d’une présomption d’innocence. Et s’il devrait subir des sanctions, il devrait les subir après sa condamnation.

Michel Platini est président de l’UEFA, de part son ancienneté, on devrait être plus exigeant vis à vis de lui en terme d’exemplarité que de Benzema. De plus, il n’a pas été capable de justifier la légalité du versement qu’il a reçu de Sepp BLATTER et a été condamné. Ce qu’il fait que logiquement, il perd sa présomption d’innocence pour une présomption de culpabilité.

Cependant devinez qui des deux est présumé coupable et qui des deux a longtemps bénéficié d’une présomption d’innocence ?
Karim Benzema est présumé coupable alors qu’il n’a pas encore été jugé ou condamné. Michel Platini, lui par contre a longtemps bénéficié d’une présomption d’innocence. Les médias français résument cette affaire comme un complot contre Platini.

« Comment Michel Platini s’est fait avoir par Sepp Blatter ? » on pouvait encore lire ça à la une du 20 minutes le 8 janvier 2016,  » Michel Platini s’est fait piéger par Blatter » déclarait Jacques Rousselot le président de l’AS Nancy. On note une certaine naïveté de Platini, ou un piège du roublard Sepp Blatter. Mais le comportement éthique de Platini n’est nullement remis en cause.
Peut-on vraiment être intègre lorsqu’on accepte un versement d’environ 2 million € sans aucune base légale ?

Des chefs d’entreprises ont été condamné pour abus de biens sociaux pour bien moins que ça, mais ça n’a pas l’air de choquer plus que ça nos medias nationaux . D’ailleurs, il a même bénéficié du soutient de notre Premier Ministre Manuel Valls  » je lui fais entièrement confiance » en septembre 2015.

Par contre, Karim Benzema est loin de bénéficier d’une telle indulgence. Bien au contraire il est présumé coupable et est lynché en public par la presse, l’opinion publique et certains politiques. Le journaliste Riolo participe a ce lynchage populaire et estime que le comportement de Benzema est inadmissible et ne devrait plus jamais remettre les pieds en équipe de France.

En plus de ça, Benzema fait l’erreur de cracher à la fin de la Marseillaise pour commémorer les victimes du 13 novembre. On retrouve notre le journaliste Riolo, le consultant Pierre Menes qui continuent leur lynchage et plus surprenant Nadine Morano qui réclamait son exclusion en équipe de France pour ce geste. Notre Premier Ministre Manuel Valls avait déclaré que le manque d’exemplarité de Benzema méritait son exclusion en équipe de France. La Fifa qui est très stricte envers les ingérences politiques dans le football, notamment envers les pays du africains ne l’a pas réagi face à ces déclarations.

On peut se demander finalement pourquoi tant de personnes se donnent du mal pour exclure un footballeur de l’équipe de France. Finalement, ils obtiennent bien de cause, lorsque la FFF suspend Benzema à durée indéterminée de l’équipe de France en décembre 2015.

Comment peut on expliquer cette différence de traitement ?
On reproche souvent à Benzema de ne pas assez aimé l’équipe de France et la France, on lui reproche de ne pas chanter la Marseillaise pendant les matchs. Le problème c’est que ni Platini, ni Zidane ne l’ont chanté. Est-ce le fait de remporter un trophée international ou son talent peut autoriser un joueur de l’équipe de France à ne pas chanter l’hymne ?

Le manque d’exemplarité que l’on attribue à Benzema peut s’exercer envers d’autres sportif français, Nicolas Karabatic pour ne citer que lui a été condamné pour un paris truqué sportif mais n’a pas subit un tel lynchage ni même été suspendu par sa fédération.

D’ailleurs on peut dire que Benzema a donné le bâton pour se faire battre car bien avant ça, des médias et une partie de l’opinion publique ne voulait pas de lui pour représenter la France.

Depuis 2010, après la déroute en Afrique du Sud, les footballeurs issus de l’immigration visible, sont scrutés avec une attention particulière. Désormais on ne tolère plus le moindre écart de conduite de leur part.

Il y’aura désormais une chasse aux « racailles » c’est à dire les banlieusards binationaux qui auront des écarts de conduites. C’est ainsi que des joueurs comme Samir Nasri ont pu être écartés. Nicolas Anelka, jeune, très brillant, millionnaire a eu le malheur d’etre « black ». Toute sa carrière fut un supplice pour ses proches. . Une tentative de cette même presse sportive pour exclure Patrice Evra malgré son talent et le haut niveau qu’il n’a jamais quitté a échoué.

On a même autorisé un racisme institutionnel en ayant l’idée d’effectuer des quotas pour limiter les binationaux. Bien entendu personne n’a été sanctionné pour cela. Les institutions peuvent avoir des pratiques discriminatoires et peu intègres, les footballeurs binationaux non .

Ces footballeurs doivent avoir de bon résultats sportif, une conduite exemplaire et crier leur attachement à la France sous peine d’être soupçonné. Et s’ils ont un écart de conduite, ils deviennent des traîtres de la nation et ne sont plus digne de porter le maillot national.

C’est la raison pour laquelle, Benzema subit un tel acharnement, ce ne sont pas ses actes qui l’amène à l’échafaud mais plutôt ce qu’il représente auprès de l’opinion publique et des médias : une racaille.

Ce qui est choquant n’est pas qu’il soit sanctionné pour ses actes mais plutôt l’inégalité de traitement dont les médias font preuves envers les footballeurs issu de l’immigration.

D’un coté on exige une exemplarité à des jeunes footballeurs parce qu’ils représentent la nation. Par contre au niveau des représentants institutionnel qui sont plus qualifiés, qui se permettent d’effectuer des actes discriminatoires ou encore perçoivent des versements illégaux ne sont pas concerné par ce souci d’intégrité.

Mansa Moussa

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